‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 105 sur 223 · VICTOIRE DU SACRÉ-COEUR · texte numérisé non relu

VICTOIRE DU SACRÉ-COEUR

mères. « Ce 16 décembre 1815, dit M"*® Duchesne, fut donc un renouvellement pour notre Société, qui avait toujours désiré d'appartenir de nom et d'effet au sacré Cœur de Jésus. Cette journée se passa dans une sainte allégresse. »

Deux jours après, M"*® Barat adressa à toutes ses maisons une lettre dans laquelle elle faisait ressortir la victoire obtenue par le sacré Cœur dans la Constitution de la Société. « Tout le reste fût- il semblable entre nous et l'essai qu'on a tenté à Rome, faisait -elle observer, il resterait encore une différence essentielle : c'est que le principe sur lequel notre Société est fondée est la dévotion au sacré Cœur de Jésus; et qu'elle doit être tellement dévouée à la gloire et au culte de ce divin Cœur que tous ses travaux et fonctions se rapportent à Lui, comme à leur dernière fin... »

Rappelant alors les souvenirs qui, de tout temps, avaient consacré sa famille à ce grand objet : « Cette fin, ajoutait-elle, est celle que Dieu s'est plu à manifester dès l'origine de notre Société; et si les temps orageux où elle a commencé en France ne nous ont pas permis de faire profession ouverte de la consécration à ce Cœur adorable, jamais cependant elle n'eut d'autre but que celui-là. C'est en le poursuivant que, peut-être, mériterons-nous un jour d'obtenir du Souverain Pontife une approbation qui mettra enfin le comble à notre bonheur^ »

Les conseillères quittèrent Paris dans les premières semaines de 1816. Bientôt M""^ Barat apprit que toutes ses maisons avaient reçu les règles comme la parole de

1 LeUres circulaires, (. I, n" 1 ; — Parip, 18 décembre \8\V).

Dieu même, et que, de plus, à Grenoble, à Poitiers et à Niort, l'autorité épiscopale les avait revêtues de Tapprobalion la plus absolue.

Il n'y avait qu'Amiens qui donnât des inquiétudes. Toutefois la lumière s'était déjà faite dans l'esprit de M""" Eugénie de Gramont, qu'avait entièrement conquise la clémente cliarilé de M""" Barat. Sa prudence fit le reste.

Le 23 janvier, la mère générale se rendit à Amiens. Elle commença par s'assurer l'appui de l'évêque, M^ de Demandolx. Mais le secours sur lequel elle comptait avant tout, c'était celui de Dieu. Elle pria, elle jeûna; le Père Varin craignit même qu'elle ne portât trop loin SCS macérations. Surtout elle se fit petite, pour ne pas entraver l'opération divine. « Je sens, disaitelle, que je ne suis qu'un instrument entre les mains du Seigneur. C'est pour n'avoir pas d'obstacles à ses desseins que le Tout-Puissant s'est servi d'un instrument si pauvre. Il voulait que rien dans son ouvrage ne fut de la main de l'homme. Dieu fera lui-même son œuvre, je n'ai qu'à le laisser faire'. »

Fidèle à cet esprit, la sage mère se garda bien d'assembler d'abord la Communauté : elle annonça seulement qu'on pouvait venir la voir en particulier. « La première fois qu'elle réunit ensuite ses religieuses, raconte le journal de M'"" de Gi-amont d'Aster, c'est à peine si elle effleura le sujet de l'irrégularité où l'on était venu, mais elle s'étendit longuement sur la bonté de Jésus- Christ et ses bienfaits envers la Société. » |]ll(j lut les Constitutions; et les noms des sacrés

i Ainicns, ICi l'.'vrii.T, n In iihto Ailriciiii<> Mi. lui.

Page 1