‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 106 sur 223 · L'UNANIMITÉ AU SACRÉ-COEUR · texte numérisé non relu

L'UNANIMITÉ AU SACRÉ-COEUR

Cœurs de Jésus et de Marie furent Taimant qui commença à attirer les âmes. On venait secrètement la visiter, on pleurait à ses genoux, on se relevait réconcilié : « Je n'ai pas de plus grand bonheur que celui de pardonner, » se plaisait à répéter la clémente mère.

Une neuvaine qu'elle fit faire au sacré Cœur de Jésus acheva la victoire. Il ne resta plus, à la fin, que deux dissidentes; elles firent leur soumission en particulier; et, le 12 février, M'"'' Barat se rendit auprès de Monseigneur, pour l'informer que les Constitutions étaient désormais acceptées unanimement. L'évêque lui en témoigna une vive satisfaction : « Enfin vous voilà miennes, tout à fait miennes, lui dit-il. Jusqu'ici, c'est à peine si vous m'apparteniez; vous serez désormais la plus chère portion de mon troupeau ^ »

Cette nouvelle fut reçue avec une joie indicible par tous les amis du sacré Cœur : « Vous allez donc désormais ne former qu'un cœur et qu'une âme pour glorifier Dieu par le Cœur sacré de Jésus-Christ, écrivit M. Perreau. Quel touchant spectacle! combien vous devez en jouir. Madame, vous qui ne soupiriez qu'après cet heureux moment!... C'est là une faveur toute particulière, que vous devez sans doute à votre tendre dévotion aux sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, et à la pureté de vos intentions, comme à la simplicté de votre obéissance. Lorsqu'on est heureux de mourir à tout, pour ne vivre qu'à Jésus-Christ et ne chercher que Lui, on est sûr de le trouver-. »

1 Journal de 3/"= de Gramonl d'Aster, p. 1 î.

2 Paris, lo février 1810. — Dossier des affaires d'A'.niens, n° '60.

L'abbé Gaston de Sambucy écrivait dans le même sens à la supérieure : « Bénissons le Seigneur d'avoir fait succéder le calme à l'orage; tous les coeurs de vos filles, un instant divisés, n'avaient cessé d'être à Lui, et après cet exemple, nous pouvons espérer tout de sa grâce pour l'avenir ^ »

M. de Lamarche était encore plus triomphant que les autres : « Il y avait longtemps, disait -il, que ses larmes n'avaient coulé si délicieusement ; » et il se portait garant auprès de M'"^ Barat que « celles de ses filles qui avaient eu le plus de peine à se rendre, donneraient bientôt au Sacré-Cœur le plus de satisfaction - ».

Une réparation spontanée et éclatante justifia promplement cet espoir. On était dans la retraite préparatoire au renouvellement des vœux, et M""® Barat y faisait chaque jour la conférence.' Elle y parlait avec une si aimable charité que, dès le second jour, les cœurs qui ne s'étaient encore qu'entr'ouverts, se sentirent pressés d'éclater devant elle. L'entretien achevé, la mère générale se levait pour se retirer, lorsqu'une des plus anciennes se jeta à ses genoux, et d'une voix brisée parle repentir : « Ma Mère, lui dit-elle, nous vous reconnaissons bien pour notre véritable mère ; daignez aussi nous reconnaître pour vos vraies filles! » En même temps, toutes les autres s'étaient agenouillées; elles pleuraient, elles ne savaient que répéter ces mots : « Ma mère! vous êtes ma mère! » M'"® Barat, troublée, fut obligée de se rasseoir; clic ne put que leur dire : « Dieu sait l'affection que je n'ai jamais cessé de vous porter! » — « Que

1 Paris, 20 février 1810. — Dossier des affaires d'Amiens, n» .'13.

2 CiiiL'iiiiTos, Ifi févrif^r I^ilH. — nopt-icr des niïain's d'Aiiiioiis. ii" M.

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