‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 113 sur 223 · OUVERTURE DU NOVICIAT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU NOVICIAT GÉNÉRAL

fit savoir à la Société que la chapelle serait bénite le 16 de juillet, fête du Mont-Carmel, et que le noviciat s'ouvrirait immédiatement. Le matin de ce jour, M. l'abbé d'Astros, nommé supérieur, et M. l'abbé Perreau, y célébrèrent la messe sur le nouvel autel. Les religieuses y communièrent. Les deux élèves, vêtues de blanc, et placées en avant de la communauté, représentaient le pensionnat. Pendant toute la journée un grand nombre de personnes y vinrent adorera Le soir, une colonie de postulantes et de novices arriva de Grenoble; le lendemain, une seconde fut amenée d'Amiens. A partir de ce jour, la clôture fut observée, le règlement mis en vigueur, l'adoration perpétuelle établie pendant le jour, en attendant qu'on pût la prolonger la nuit. Ainsi le Cœur de Jésus commençait-il à voir naître de modestes sanctuaires consacrés à son culte, dans la ville qui, aujourd'hui, s'apprête à lui élever un magnifique temple.

Bientôt le Père Varin vint animer ce foyer du souffle de sa parole. Le vénérable novice ayant prononcé ses vœux, le 19 juillet, fête de saint Vincent de Paul, vint six jours après prêcher, à l'occasion de deux prises d'habit. Il sortait du cénacle ; M""® Duchesne observe que son langage avait l'ardeur des langues de feu. « Il a paru dans son discours, dit-elle, qu'il a reçu un grand accroissement de grâces, en faisant son sacrifice, car il était tout pénétré de l'esprit de Dieu et de l'amour du Cœur de Jésus. Il nous a saluées de l'autel, pour la première fois, de ce beau nom de Sacré-Cœur, et beaucoup pleuraient. Il a passé par de rudes et cruelles

i Journal de la maison de Paris, par M""= Duchesne, p. 24.

épreuves; et sera plus disposé encore à exercer une charge dont il était déjà si digne *. »

Les dispositions de cette nouvelle famille firent concevoir dès lors d'heureuses espérances. « Notre petit noviciat commence à bien aller, écrivait la mère Barat le 14 septembre à M""^ Giraud. Mais il faut des années pour former une épouse du sacré Cœur de Jésus. Priez pour ce noviciat : c'est de cette source que sortiront les ruisseaux qui iront arroser nos plantes. » Elle estima toutefois que son premier devoir était de passer au crible toutes ces vocations : c'est pourquoi elle demanda au Père Roger, qui exerçait alors la charge de maître des novices chez les Jésuites de Montrouge, de prêcher une retraite à sa communauté. Elle s'ouvrit le 13 novembre, en la fête de saint Stanislas Kostka^ C'était en ce même jour que, seize ans auparavant, le Père Varin avait permis aux trois ou quatre sœurs de la rue de Touraine de se consacrer au sacré Cœur, dans la même Société qui, adulte aujourd'hui, revenait travailler dans la ville de son berceau.

La retraite fut de quinze jours, à la suite desquels quelques postulantes rentrèrent dans le monde; mais les autres s'affermirent dans leur vocation. On remarqua surtout le changement qu'elle opéra dans une jeune novice arrivée de Grenoble, et nommée Eugénie Aude. C'était une nature ardente, un esprit délié, une âme affectueuse , une volonté capable des plus généreux desseins, mais le monde avait attiré et possédé son cœur. Sa famille, qui élait de Moutiors, en Tarantaise, l'avait

1 Taris, 27 juillel 1SH>.

2 Jouni'il , par M"" Ducliosnc, p. ."Vi.

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