‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 132 sur 223 · PIE VII BÉNIT LA MISSION · texte numérisé non relu

PIE VII BÉNIT LA MISSION

France, lorsque, le 8 octobre, lui furent remises plusieurs lettres de M"'^ Barat. Cette mère lui transmettait les paroles par lesquelles le Souverain Pontife avait béni la nouvelle mission du Sacré-Cœur. « Sa Sainteté, mandait le cardinal Litla, a vu avec bonheur comment, abandonnant tout pour Jésus-Christ, et s'élevant au-dessus de la faiblesse de leur sexe, ces religieuses n'ont pas craint d'affronter les mers lointaines, afin de transporter leur pieux Institut dans des pays sauvages, et se consacrer à la plus grande gloire de Dieu, à l'honneur de l'Eglise, et au salut des âmes. Sa Sainteté leur souhaite les succès les plus prospères; en gage de quoi elle donne sa bénédiction, non -seulement à celles qui sont déjà parties, mais encore à celles qui se disposeraient à partir un jour'. »

Par cette lettre, M""® Duchesne recevait la plus grande des consolations que puisse ambitionner une âme catholique : l'assurance qu'elle travaille et souffre en union avec l'Eglise romaine. « Que de douces larmes, répondit-elle , ont coulé de mes yeux en voyant le Souverain Pontife ajouter son autorité et sa bénédiction à tant d'autres signes de la volonté de Dieu sur notre entreprise ! Demain nous chanterons le Te Deum, et on dira une messe d'action de grâces ^ »

Mais il est temps maintenant de reprendre notre récit, et de revenir en France, auprès de M"® Barat. Aussi bien ce serait une autre histoire que celle des premières origines du Sacré-Cœur en Amérique : histoire dramatique, toute semée de prodiges, et dont l'héroïne.

i Le cardinal Lilta à M. Perreau, 3 avril 1818. '■i Sainl-Charles, 8 octobre 1818,

pendant trente -quatre ans, serait M""" Duchesne. Nous ne nous laisserons plus entraîner désormais à la raconter avec autant de détails; mais nous devrons, du moins, en reprendre de temps en temps la trame, inséparable du tissu de la vie de la mère Barat. C'est elle, en effet, c'est celte sainte mère qui est l'âme de ces missions ; c'est d'elle principalement que partent l'inspiration et l'initiative de ces entreprises. C'est vers elle aussi que reviennent les prières, les joies et les tristesses de « sa plus chère famille », ainsi qu'elle la nommait. Mais elle-même ne règne ainsi, doucement, fortement, universellement, que parce que Dieu règne en elle. Le sacré Cœur de Jésus est l'astre puissant dont l'action, toujours présente à l'un et à l'aulre rivage, les relie l'un à l'autre, comme par un flux et reflux perpétuel d'obéissance et d'amour.

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