‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 136 sur 223 · FONDATION A BORDEAUX · texte numérisé non relu

FONDATION A BORDEAUX

vieille, ses sœurs si simples, ses orphelines si pauvres, seraient-elles trouvées dignes d'une aussi glorieuse affiliation?...

C'était son doute et celui de M^ d'Aviau. La réponse de ]^jme Parât à l'archevêque dissipa leurs craintes : « J'avais résolu de rester au moins deux ans sans commencer de nouvelles entreprises, lui écrivit-elle; mais j'ose assurer à Votre Grandeur que l'établissement de M"*® de Lalanne m'inspire quelque attrait, de préférence à des fondations plus brillantes, précisément à cause de l'esprit d'humilité, de pauvreté et de simplicité qui y règne. Il me semble que cette œuvre nous rapprochera davantage du Cœur de notre divin Maître, et qu'elle attirera ses bénédictions sur notre Société. » — En même temps elle envoyait à M""^ de Lalanne cette franche réponse, toute cordiale et toute chrétienne : « J'accepte pour notre Société votre établissement. Votre œuvre plaît tant à Notre- Seigneur, que je n'ai pu la refuser; elle attirera ses bénédictions sur notre Société, et votre maison sera bientôt celle que nous chérirons davantage'. »

Deux mois après environ , M"*® de Lalanne fit profession dans l'Ordre du Sacré-Cœur, devant la mère Geoffroy et entre les mains de M^ d'Aviau. Elle avait soixante-deux ans. M"® Barat lui conserva son titre de supérieure et mit son attention à lui procurer tous les allégements que demandait son âge, mais que refusait sa ferveur : « Prenez par obéissance tous les adoucissements qui vous sont nécessaires; ne changez rien à l'extérieur de votre manière de vivre. Je loue votre délicatesse sur le vœu de pauvreté, mais tenez compte

1 Paris, 13 mai 1819. — V. Vie manusc. de Jf™" de Lalanne.

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aussi de votre position; continuez à faire à votre neveu le petit présent que vous lui offriez tous les ans, le jour de sa fête; maintenez vos dispositions testamentaires à regard de votre nièce et de votre filleule... » La même condescendance et le même désintéressement dictaient les autres conseils de la Supérieure à M"'" de Lalanne : le Sacré-Cœur ne voulait rien d'elle que son cœur.

Cependant M"*® Barat achevait à Paris de nouveaux travaux. La maison de la rue des Postes se trouvant trop petite pour contenir à la fois les novices et les pensionnaires, elle en loua une seconde, qui lui était contiguë, dans la rue de l'Arbalète, et on la réserva pour le noviciat. « Là avait habité le trop fameux Santerre, raconte la mère Deshayes, et sur les murs d'une salle qui devint notre salle d'étude, était écrit en divers endroits le mot Temple, qu'aucune peinturé ne pouvait effacer *. La chapelle fut bénite le 24 août, par M^ de Quélen, coadjuteur de Paris; et la mère Deshayes nommée maîtresse des novices.

Il y avait peu de maisons où l'on ne fût contraint de faire, comme à Paris, des agrandissements. La Supérieure générale se plaignait bien un peu de ce que ces dépenses « mettaient la Société à sec » : « Du moins, ajoutait-elle, que nos âmes ne le soient pas, mais qu'elles se nourrissent de la rosée du Ciel. Toutes les demeures que nous élevons, que nous embellissons, subsistent quelques siècles; et nous, nous allons passer comme l'ombre! Détachons-nous donc de tous les objets terrestres: oh! ([u'ils sont peu de chose pour une àme qui a la fui- ! »

• Molcii sur 1rs commerwfmfnts Hc la Sociflé, p. -49. ' A la ini>re Tlicrèsc. Pari*, 18 mai iNl'.t.

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