‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 143 sur 223 · LE TROISIÈME CONSEIL GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME CONSEIL GÉNÉRAL

grand désir de vous connaître, ainsi que votre petite famille, que je porte bien avant dans mon cœur. Nous comptons donc sur vous à Paris. Toute la Société sera empressée de vous connaître. Elle sait déjà la grandeur de votre zèle et de votre dévouement*. »

Le Conseil se réunit le 12 août. Il fut précédé par un Triduum mémorable, dans lequel le Père Varin présenta éloquemment le côté divin de l'Institut dans sa mission, son histoire, son esprit, ses devoirs. Ce fut le lo août, fête de l'Assomption, que les séances s'ouvrirent en présence de ce Père, et sous la présidence de M. l'abbé Perreau, supérieur général de la Société. M. l'abbé Frayssinous, nommé, vers ce temps-là, supérieur ecclésiastique de la maison de Paris, y vint aussi quelquefois apporter des lumières qui étaient moins celles d'un membre éminent du conseil royal de l'Instruction publique, que celles d'un prêtre rempli de piété et de zèle. Le Père Loriquet y fut appelé d'Amiens, pour le plan des études. C'est avec le secours de ces graves esprits que l'œuvre des pensionnats reçut le complément de sa législation, déjà formulée dans la seconde partie des Constitutions, et que nous présentons ici dans un même tableau.

Piien d'extraordinaire ne distingue, à première vue, cette pédagogie sacrée. A s'en tenir à la lettre, il n'y a guère là que ce qui s'enseigne et se pratique à peu près partout. Une grande chose cependant la particularise : c'est l'esprit qui l'anime, et qui n'est autre que l'esprit de l'Institut lui-môme. L'éducation donnée par la Société peut se défmir d'un seul mot qui dit tout :

1 Paris, 20 juillet 1820,

c'est réducalion du sacre Cœur de Jésus. Ce divin Cœur enseigné, aimé, servi, imité, est le centre d'où tout part et où tout aboutit, et les règles particulières ne sont que les déductions de ce principe divin.

Do là, le premier caractère que nous y remarquons : son élévation; Télëvation surnaturelle de sa fin et de ses vues. Certes, cette fin ne fût-elle que la formation de l'âme des enfants, ce serait déjà là un objet sublime; cependant, c'est plus haut que les religieuses du Sacré- Co3ur doivent se placer pour trouver le principe premier et comprendre la vraie fin de leur Institution. Épouses avant d'être mères, par leur vocation et leur consécration , elles ne sont pas premièrement aux enfants et aux âmes, elles sont à leur Epoux, elles sont à Jésus-Christ. « Vous vous tromperiez, disait le Père Varin aux mères du Conseil ; vous vous tromperiez, mes sœurs, si vous croyiez que la première fin de votre Institut, c'est l'éducation; non, c'est la dévotion au sacré Cœur de Jésus. » Les instructions, les lettres, soit du fondateur, soit de la fondatrice, n'ont pas de déclaration plus fréquente et plus formelle que celle-là.

En vertu de cette vue unique de Jésus qui divinise tout, ce que les maîtresses considéreront, respecteront, vénéreront, adoreront dans leurs élèves, ce sera « le sang de Jésus- Christ, qui les a rachetées, qui les a baptisées, qui les communiera, qui les couronnera. » Ce qu'elles s'efforceront de mettre dans leurs âmes, ce sera la lumière, la grâce, l'âme, la vie do Jésus, « tournant leurs jeunes coeurs vers son Cœur adorable, et leur faisant reconnaître, dans cet aimable Cceur, le cenlic et le foyer de Cct amour ardent dont il a brûlé pour les hommes. » Si elles cherchent à « gagner le cœur

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