L'OEUVRE DE SAINTETÉ
Cœur la pratique, mais, du moins, telle que l'avait conçue la mère Barat, et qu'à son exemple, l'Institut s'efforce de la pratiquer. Or, pour y parvenir, que fautil? Etre sainte : finalement tout est là. « Occupez- vous d'abord de sanctifier vos religieuses, disait le Père Varin aux mères du Conseil. Qu'elles soient saintes, et dès lors elles formeront des saintes ; qu'elles vivent de Jésus, et elles le feront vivre en d'autres ! » — « Le plus nécessaire et le principal moyen de sanctifier le prochain, devra être le soin de leur perfection propre , » disent pareillement les Constitutions. Et ailleurs : « C'est ainsi que, sans cesse occupées du soin de leur propre perfection et de la sanctification des âmes, dans le désir de glorifier le sacré Cœur de Jésus, les Dames de la Société rempliront toute l'étendue de leur vocation , et arriveront au terme de la glorieuse immortalité, pleines de confiance et de mérites , pour être réunies à leur divin Epoux \ »
Le Conseil général de 1820 délibéra sur d'autres ^fuestions qui, même après celles-là, ont encore leur importance; il dressa un plan d'études, fît un règlement pour les pensionnats , s'occupa de la rédaction d'un cérémonial, et ajouta à l'ensemble des Constitutions le sommaire des règles que le Père Varin venait de rédiger dans sa retraite de Montrouge. L'Institut fit aussi le compte de ses richesses : trois cent quatrevingt-trois personnes avaient été gratuitement reçues par le Sacré-Cœur : quelle brillante fortune ! « Que
1 Conslituiions, 111° partie, chap. vi , 19, p. 121. On peut comparer avec les Constitutions de la maison de Saint-Cyr, cli. vu et viii de l'ouvrage de M. Théophile Lavalliie : M™"= de Maintenon et la maison royale de Sainl-Cyr. Pion, 1862.
la Providence esl donc admirable dans ses dons, écrit la charitable mère de Gramont d'Aster, en rapportant ce fait, et quelle bénédiction de Dieu sur la Société! » Un autre genre de trésor c'étaient les écoles gratuites : on en multiplia le nombre. La maison de Paris n'en avait pas encore; mais, pour y suppléer, on avait soin de faire venir, plusieurs fois la semaine, des familles indigentes que maîtresses et élèves se partageaient l'honneur de consoler et de servir.
Les pauvres, la pauvreté, tel paraît avoir été d'ailleurs le double attrait de cette assemblée. « Pauvreté, simplicité, humilité, abjection, disait le Père Varin, tels sont les profonds rapports que votre Société doit avoir avec le Cœur de votre Maître. Sa première fondation, à Lui, fut une élable, et la première place du fondateur, une crèche. C'est dans la pauvreté qu'il a établi son Église; c'est dans la pauvreté qu'il vous a établies vous-mêmes : vous ne subsisterez que par là. » Alors, diversifiant les règles de conduite à suivre à cet égard, le Père Varin expliquait que pour Dieu et son culte, la religion permettait qu'on n'eût rien de trop beau; que pour le prochain, les parents et les élèves, la charité voulait que tout fût digne et décent; mais « pour vous, mes sœurs, vos personnes, votre logement, votre vêtement..,, pauvre, pauvre ! » répétait le fondateur, faisant retentir ce mot aux oreilles des mères, comme un refrain héroïque; et il citait à l'appui cette parole de saint Ignace : « S'il l'ant changer quelque chose au vœu de pauvieté, (juo ce soit pour en rendre l'observance plus stricte. »
Ce qui donnait à ces leçons une ojtporluiiité toute particulière, c'est (pic, dans ce moment même, le Sacre-