‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 151 sur 223 · SOUFFRANCES DE LA MÈRE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES DE LA MÈRE GÉNÉRALE

BEAU DÉVOUEMENT d'uNE ENFANT

Fondations en Amérique: la maison du Grand-Coteau. — Fondations en France: maisons du Mans et d'Autun. — Retour des sœurs de Gand.

— Fondations à Besançon, Turin, Metz et Bordeaux. — Douleurs de M™<= Barat : elle perd sa mère , ses anciens amis. — Elle s'ennuie de la terre et aspire au ciel. — Son voyage à Grenoble. — Sa tristesse. — Désordre de celte maison. — M"*' Barat tombe mortellement malade. — Sa nièce Dosithée s'offre pour mourir à sa place.

— Mort de l'enfant, guérison de la mère générale. — Son adieu à la tombe d'Alovsia. — Son retour à Paris.

Il était rare que la tenue du Conseil général ne fCit pas le signal d'un nouvel épanouissement de la Société. Le vent de la Pentecôte soufflait sur le cénacle, et poussait les apôtres à de plus grandes choses. Ainsi voyons -nous de noiriloreuses fondations éclore à la suite du Conseil de 1820.

D'abord, en Amérique, la colonie de Fleurissant, toujours petite, toujours pauvre, commençait cependant à

recruter quelques novices, dont plusieurs étaient des femmes de grande espérance. M'"'' Duchesne l'attribuait à l'intercession céleste de sa sainte nièce: « C'est depuis la mort d'Aloysia que les vocations se déclarent. Cette chère sœur prie pour nous. » Encouragée par ces progrès, M""" Barat permit enfin la fondation d'une nouvelle maison. Depuis quelque temps on en proposait une dans un vaste terrain appelé le Grand-Coteau, auj: Opelousas, à deux cents lieues environ au-dessous de Saint-Louis. C'était un poste important dont l'occupation se rattachait, pour M""" Duchesne, à tout un plan de conquêtes. « Cet établissement, observait la stratégie de l'ardente missionnaire , reliera Saint- Charles à la Nouvelle - Orléans : nous tiendrons ainsi toute la Louisiane en longueur. » L'offre fut acceptée, et M""® Aude, nommée supérieure, partit avec deux sœurs pour les Opelousas. « Elle a pleuré de joie, écrivait M""^ Duchesne , en se voyant appelée au rude honneur d'élever un nouveau sanctuaire au sacré Cœur de Jésus. » M""^ Barat lui écrivit pour l'en féliciter, et dans quel vigoureux et sublime langage! <■<• Ayez confiance, ma fille, le Cœur de Jésus vous donnera ce qui vous manque, et votre nouvel établissement prospérera. Seulement laissez-vous clouer à votre croix, ."^i elle dépasse, bientôt vous la couvrirez tout entière et au delà, parce que Jésus vous revêtira de lui-même; et alors vous surpasserez toutes les choses de la terre, et rien au contraire ne vous surpassera'. »

En France, M™" Barat recevait de toutes parts des demandes pareilles; elle les attribuait à un accroisse-

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