FONDATION AU 3IANS
ment de dévolion pour le Cœur de Jésus. « Au sein de nos révolutions, écrivait-elle, Dieu protège la France, rien n'est plus évident... Soyons fidèles et prions. Un temps consolant se prépare par la dévotion au sacré Cœur^ »
Un ancien ami de la Société, maintenant évêque du Mans, M^ de la Myre, offrait à M™^ Barat les restes di?une antique abbaye bénédictine, conliguë à l'église de Notre -Dame -du -Pré, sur le bord de la Sarthe. La mère générale l'accepta; et la sainte M™^ de Gramont d'Aster fut appelée de Quimper pour être supérieure de cet établissement. On en prit possession le 21 novembre 1821, en la fête de la Présentation de la sainte Vierge. Les commencements furent pénibles et extrêmement pauvres. Les religieuses en furent réduites à se nourrir d'un pain si grossier, que les mendiants euxmêmes n'en voulaient pas. On raconte qu'un jour, un de ces malheureux, regardant le morceau qu'on venait de lui donner : a Tu n'en manges pas de comme cela! dit- il à la portière. — Si fait, mon ami, lui réponditelle, il n'y a que nos enfants qui en mangent du blanc; » alors il la^ regarda d'un air stupéfait, prit le pain et la remercia. Au sein de la misère commune, la plus pauvre de toutes était la supérieure; elle se privait de tout, elle ne portait que de vieilles pèlerines usées et rapiécées. Les enfants, la voyant ainsi mal vêtue, ne pouvaient croire que ce fût une grande comtesse, et qu'elle eût porté jadis de belles robes à la cour de France-.
La fondation d'Autun suivit de près celle du ]\Ians : elle
1 A la mère Thérèse, 3 avril 1.S21.
2 Noies de la mère Honorine Pédol.
eut lieu en avril 1822. On avait d'abord jeté les yeux sur Paray-le-Monial. M"'® Barat se retira devant les droits héréditaires de la Visitation. « Impossible de penser à la maison de Paray ; les Visitandines la demandent pour elles, il est juste de la leur céder, et M^' d'Autun travaille à la leur rendre'. » L'établissement offert par M^ de Vichy aux Dames du Sacré-Cœur était un autre couvent de la Visitation, celui qu'avait fondé, en 1024, M'"*' de Chantai elle-même. C'est là que la sainte avait établi pour première supérieure la jeune mère Hélène de Chastellux, à qui elle recommandait « d'y planter, comme en un petit parterre, la très-sainte et très-douce charité, et la très-humble simplicité. » Le jardin conservait le gros arbre sous lequel M"'"" do Chantai avait coutume de s'asseoir pour faire ses conférences; la sacristie possédait plusieurs ouvrages de ses mains ; on montrait encore sa stalle dans la chapelle; on y gardait aussi le tombeau de M""" de Toulongeon, sa fille. On rapportait que ces murs s'étaient élevés au son de concerts extraordinaires qui semblaient venir du ciel. Mais plusieurs fois profané par la révolution, le monastère n'offrait plus aujourd'hui que des décombres. M'"" Barat y envoya la mère de Charbonnel pour les premiers travaux. « On lui donne une grande maison et quelque peu d'argent, mais c'est tout, écrivait la mère générale. Pour le reste, elle s'en tirera, dil-cllc, avec de la paille. Quelle excellente mère-! »
jM"'° Barat désigna comme supérieure d'Autun la mère Victoire Paranque. Deux élèves d'ospcrance ,
« A la mère Tlieièsc . 12 juin l^^v'l. 2 A la mère Geoffroy, 17 avril ia-22.