FONDATIONS A METZ ET A BORDEAUX
]yjmes Vincent. Dans leur empressement, celles-ci avaient cru avancer les affaires en s'altribuant les règles, le costume et même le nom de la Société. C'était une usurpation contre laquelle on conseillait à M"® Baratde faire agir l'autorité de M^ Frayssinous. La mère générale en jugea avec bien plus de calme et d'élévation. « Quant à moi, écrivait-elle à la mère Emilie, sans le scandale qui eût pu résulter de ces deux autels élevés l'un contre l'autre, je les aurais laissées libres sans m'en inquiéter. Je pense là-dessus comme votre mère Geoffroy : Dieu est le père de tous. J'aime à le voir aimé et glorifié par tous ceux qui le veulent. On croit et on répète que nous devons soutenir nos droits. Hélas! c'est ainsi qu'on se trompe : que d'abus se glissent dans l'Église sous ce prétexte! Mieux vaut se réunir! Priez et faites prier pour cette importante affaire ^ »
Elle-même partit pour Bordeaux, afin de s'entendre avec M°"^^ Vincent. Ce voyage pénible fut cependant consolé par d'heureuses rencontres. A Orléans, elle revit M^ de Beauregard. « Quel véritable ami, qu'il nous est attaché! c'est sur sa table que je vous écris. Qu'il est donc bon et simple ! Mais son âge s'avance. C'est ainsi qu'hélas! dans quelques années, nous aurons bien des pertes à déplorer. Heureusement que ces bons vieillards sont des saints, et que nous-même voulons l'être. Nous avons donc l'espérance de nous voir réunis un jour "^ »
A Poitiers, la mère générale ressentit une vive joie en se retrouvant avec la mère Grosier dans le jar-
1 Paris, 18 avril 1823.
2 A M"'« E. de Gramont. Orléans , lo mai 182o.
dia des Feuillants, paré des Heurs de mai, «et où, comme elle récrivait, elle marchait au milieu de fraises rouges à faire plaisir. » A Blaye, elle fut reçue avec empressement dans une des maisons de M'"''" Vincent; mais leur bon accueil manquait de simplicité. « Je suis ici sur le grand ton, écrit-elle, ce qui m'ennuie. A peine étais-je arrivée, que le médecin est venu bien vite savoir comment je me trouvais, et si je n'avais pas besoin de lui. Je l'ai remercié aussitôt. Vous savez combien j'aime toutes les cérémonies ^ »
De Blaye, un élégant bateau, la Marie -Thérèse, la porta à Bordeaux, où ses filles l'espéraient depuis la réunion de M""" de Lalanne. « Nous aurons donc noire mère, écrivait l'une d'elles, M"" Cécile Camille, et avec elle vont nous arriver tous les biens. Je ne suis pas Salomon , mais elle est notre sagesse -. » — « Je suis très- ])ien dans cette chère famille de Bordeaux, témoignait ^jme 3arat. Elles paraissent si franchement heureuses de revoir leur mère! » Il n'y eut pas jusqu'aux plus simples créatures qui ne lui fissent accueil à leur manière. « J'ai ici, écrivait-elle, un petit agneau qui ne me quitte pas, il fait autant de mouvements que moi. Pendant que nous sommes à l'église, il bêle à toucher les cœurs les plus durs. J'aurai bien du chagrin à le laissera »
La réunion de M""" Vincent avec le Sacré-Cœur fut enfin conclue. « C'est pour l'amour de Dieu, écrivit la mère Barat; car le penchant de la nature ne s'y trouve
1 A M"" de Granionl. P-layo, tin mai 182.'j.
'■i Dilexi sapienliam..., vencrunl autem inilii omnia bona pariter cuin illa. [Sap., VII, 11.)— Honleaux, 4 mars 182'i. .1 A M'"' de Gramont. Bordeaux, 20 juin 18*2.*).