‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 173 sur 223 · SES ÉLÈVES DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

SES ÉLÈVES DANS LE MONDE

ce là le complément nécessaire du tableau que nous venons de tracer. Mais beaucoup vivent encore; et parmi celles qui ont reçu leur récompense , combien ont enseveli dans le secret de la famille des vertus que le

le ciel ! — Argentina de Spinola, fille admirable, que son père, tombant glacé et mourant dans les neiges de la Russie, avait recommandée au comte de Gramont. Elle périt en voulant sauver sa mère, menacée par les flammes.

Elisa d'Antichamp (comtesse de Lagarde), qui porta la dignité de la femme chrétienne dans les diverses ambassades où elle suivit son mari, puis renferma sa vie dans le secret de la famille et la présence de Dieu. — Angélique de Vehce (comtesse de Divonne) était Tarrière-petite- fille de M""= de Sévigné et de M""^ de Chantai. On disait qu'elle avait tout l'esprit de l'une avec la sainteté de l'autre. — Amélie de Guilhermy (M'"= de Raymond), femme d'une foi énergique, fut l'apôtre de tous les siens. Elle a donné à la Compagnie de Jésus un fils qui l'assista à sa mort, qui fut précieuse devant Dieu. — Sophie d'Harcourt (duchesse d'Ursel), mariée dans la chapelle même du pensionnat, par Msr de Quélen, fut à Bruxelles, dans sa famille et dans le monde, un type delà charité la plus oublieuse d'elle-même. — Elise de Montarby, fille du gouverneur de la Martinique, fut une des premières élèves de la fondation; elle mourut au pensionnat dans la fleur de l'innocence. On raconte qu'au moment où elle expira, une colombe voltigea dans l'infirmerie et disparut ensuite.

Il faut mettre au premier rang les trois sœurs Annette , Thérèse et Julia de La Rochejacquelein, héritières d'un nom que leur père et leur mère avaient rendu deux fois illustre. M™"= Barat avait une grande afl"ection pour ces natures ardentes, que sa main sut assujettir au joug do la grâce. — Virginie de la Rovère était de la famille de saint Louis de Gonzague, elle en avait aussi l'amour de Dieu, de l'Église, des pauvres : sa vie fut admirable. — Victorine Chaillou (baronne du Havelt) s'est consacrée à l'œuvre des missions et des pèlerinages. Sa dernière parole fut ce cri : <i Mon Dieu, vous avez souffert plus que moi ! Mon Dieu, tout ce que vous voudrez! » — Marie de Brissac, morte en 1872. Elle se fit pauvre pour les pauvres, avec lesquelles elle aimait à se voir confondue quelquefois. — Nathalie de Boisgelin mourut à vingt ans. " La mort n"a pas encore vingt ans d'avance sur moi, écrivait-elle dans une sorte de testament spirituel, et voici qu'elle m'a rejointe, et déjà son bras levé s'apprête à me frapper. » Elle avait secrètement aspiré au bonheur de la vie religieuse, et avec la même joie qu'elle eût fait profession, elle fit à Dieu le sacrifice d'une vie immaeulée.

Nous devons citer encore M"<= Jeonnon ( M"'« Marbeau ) , si charitable

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monde n'a jamais connues! C'était la recommandation de M""^ Barat, et c'est le plus bel éloge de l'éducation donnée au Sacré-Cœur.

Maintenant nous allons voir se poursuivre sous Charles X l'ère de prospérité dont TlnsLilut a joui sous le règne précédent. Toutefois la scène change, l'horizon se rembrunit, et de sombres prévisions se mêlent à la confiance de M""^ Barat sans la découraîzer. Effrayée des périls de l'Église de France, ce n'est plus seulement aux œuvres de l'apostolat, c'est à l'expiation pour le salut du peuple qu'elle anime ses filles, en s'y consacrant la première. Mais en même temps qu'elh^ sent que les appuis humains sont près de lui manquer, elle cherche dans TÉglise un indéfectible soutien, en rattachant au Saint-Siège rinstilut menacé. C'est celte partie de l'histoire de M""" Barat et de sa Société qui remplit le livre suivant, et termine ce volume.

dans sa vie, si admirable dans sa mort. A ses derniers instants, comme son fils, qui venait d'entrer au séminaire, à genoux près de la mourante, faisait pour elle à Dieu cette prière de l'Évangile : » Voici, Soigneur, que celle que vous aimez est malade... Venez à elle, venez ! » — <i J'irai ! » dit-elle vivement, et jetant vers le ciel un regard enflammé, elle partit aussitôt vers le Seigneur.

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