ARRÊTÉS DU CONSEIL GÉNÉRAL
vées jusqu'alors devaient désormais disparaître sous un large ruban noir qui les recouvrirait en entier. « Ces réformes, mes bonnes filles, ne feront peut-être pas plaisir à tout le monde... Non, je me trompe; car comment ce qui nous rapproche de la pauvreté et de la simplicité ne serait- il pas agréable à des épouses de Jésus-Christ? » Elle en eut aussitôt la preuve : « Il n'y eut pas une seule de nous, écrit une novice, qui ne fût pénétrée de joie, de ressembler davantage à son divin Maître. Pour ce qui concerne les cheveux, notre mère n'était pas sortie du noviciat que chacune les renfonçait immédiatement. » Le lendemain on fit joyeusement disparaître cette parure, « à laquelle on pouvait bien tenir un peu » , observe naïvement la même novice ^
Les œuvres de charité furent un autre objet de l'attention des conseillères. La maison de Paris n'ayant pas encore d'école gratuite pour les pauvres, le Conseil en fonda une. Instruire et assister ces enfants indigents devint pour les pensionnaires une récompense précieuse et tout évangélique. C'était l'apprentissage pratique de la charité, premier devoir et honneur de la femme chrétienne. Plusieurs adoptant des jeunes protégées commencèrent à leur servir de mères. Enfin, confirmant un usage aussi ancien que la Société, le Conseil général régla que « le jour de la première communion des enfants pauvres, les élèves les serviraient dans leurs classes externes ».
Cependant on approchait du 21 novembre, fête anniversaire de la première consécration de la Société. Les mères en profitèrent pour entrer dans une retraite que
1 V. au Recueil des confcrencis do M"= lîarat, 29 avril 1827.
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leur prêcha le Père Varin. Elle les retrempa toutes dans la vie du sacré Cœur; et voici en quels termes la mère Geoffroy en exprime son admiration dans une lettre adressée à Emilie Giraud : « Je suis fâchée, ma fille, de profiter sans vous d'une pareille retraite, toute sur l'esprit et la fin de la Société du Sacré-Cœur. Jamais je n'avais entendu parler do ce Cœur adorable d'une manière si admirable et si douce! Que nous sommes à la fois grandes et petites! Quel bien nous ferions, si nous étions ce que nous devons être! Notre fin, d'après nos Constitutions, est la sanctification de nos âmes et de celles du prochain; notre esprit doit être celui d'un amour tendre et généreux : quel développement sur ces deux derniers mots! Si cela nous manque, nous paralysons les maisons où nous nous trouvons; nous n'avons point la vie du Cœur de Jésus, qui est tout amour et générosité; nous n'avons point ses vertus. Douceur et humilité : hors de là, aucun fruit pour la vie éternelle, aucun fruit pour les enfants, que nous ne considérons plus que d'une manière humaine. Il ne faudrait voir que des âmes créées à l'image de Dieu, couvertes du sang précieux de Jésus-Christ, et destinées par nos soins à régner éternellement avec Lui. Une bonne maîtresse ne se plaint jamais que d'elle-même : celle qui se plaint de tout le monde prouve par là que Dieu a beaucoup à se plaindre de ses défauts... Ma chère fille, pardonnez-moi, je me suis laissé cntr^iîncr à vous dire quelque chose de la retraite; et moi, malgré cela, je suis toujours lâche comme un brin de mauvaise laine '. » Cependant le Conseil se prolongeait, dans l'attente
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