‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 180 sur 223 · LE BREF D'APPROBATION · texte numérisé non relu

LE BREF D'APPROBATION

être victimes. Il faut qu'elles soient broyées dans les fondements, et qu'elles soutiennent ainsi celles qui viendront après... Puis serions-nous meilleures dans une autre position? Nous souffririons moins peut-être, et, sous ce rapport du moins, la supériorité est un avantage ^ »

Cependant le Bref du Pape, signé le 22 décembre 1826, était arrivé en France seulement en février 1827. Approuvant et sanctionnant le Décret porté par la Congrégation des évêques et réguliers, le Saint-Père disait : « Voulant témoigner notre bienveillance aux religieuses de la Société du sacré Cœur de Jésus, nous ordonnons que les présentes lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces... Qu'elles soient à l'avenir inviolablement observées par tous ceux à qui il appartient et appartiendra, et que tout juge prononce en conformité avec elles. Nous ôtons à chacun la faculté et le pouvoir de juger ou interpréter ces règles d'une autre manière, et déclarons nul et de nul effet tout ce qui pourrait être entrepris de contraire aux présentes par qui que ce soit.

« Donné à Rome, près Saint- Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 22 décembre 1826, la quatrième année de notre pontificat. »

Ce Bref fut reçu par le Conseil avec un indicible élan de reconnaissance. C'était, comme disait M. l'abbé Perreau à M""® Barat, « le divin Époux qui s'exprimait par la bouche de saint Pierre 2. » La supérieure ordonna des prières d'actions de grâces, et voulut que le nom

1 Paris, 6 août 1826.

2 Paris, 3 janvier 1827. — Journal, p. 67.

du Souverain Pontife fût entouré de toutes sortes de bénédictions.

En même temps elle faisait voir, dans cette approbation, une nouvelle raison de grandir et de se dévouer : « Ne portons pas en vain le nom du Cœur de Jésus, écrivait-elle. Il vient de nous être donné par le chef de l'Église, à la face du ciel et de la terre. Quelles obligations il nous impose ! Vie de souffrance et d'immolation, état continuel de victime pour le salut des âmes : à quel degré de perfection ne devons-nous pas atteindre pour remplir cette céleste vocation' ! »

Le Conseil général, avant de se séparer, examina s'il fallait soumettre la Société à l'autorisation officielle de l'État. Recevoir son approbation, c'était s'assujettir à sa protection et subir les restrictions que la récente loi de 182j imposait aux religieux dans le droit de posséder, d'aliéner, de s'étendre, et même d'enseigner. « Le Père Varin est pour, disait la mère Barat, M. Perreau est contre. L'auteur même de la loi, M^ Frayssinous, n'a jamais pu prendre sur lui de me conseiller en ce point. Toujours même réponse : « Priez et décidez-vous, je ne dis rien. » M""' Barat consulta Piome : le Père Rozaven l'assura que le Pape ne voyait à cette démarche aucun inconvénient. « Dès lors, répondit la supérieure générale, le Conseil décidera. Mais mon avis est pour, et ce serait déjà fait, si je n'avais eu à lutter contre trop d'obstacles'-. »

Ce fut finalement aussi la conclusion du Conseil. L'approl>ati()ii fut donc demandée à Charles X et accordée

* A M"" l)ucliosne, Paris, 2 seplcmbrc 1820.

*-i V. Lrllres <l M'"* Iligcu, et h (très du /'. liozavcn. — Archives du

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