‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 186 sur 223 · LES VOCATIONS DES NOVICES 5H · texte numérisé non relu

LES VOCATIONS DES NOVICES 5H

un jour M""® Schneider, fondatrice et supérieure de la maison de Gratz , mériter, au fond de sa cellule, l'affection et la confiance de l'impératrice Marianne elle-même, tandis que son" frère s'en allait porter au Canada sa parole d'apôtre.

Quelquefois, des mères brisées, mais généreuses, venaient consacrer elles-mêmes leurs enfants à Jésus- Christ. C'est ainsi qu'on avait vu précédemment l'une d'elles, M"'® Bruhier de Warvilliers, également incapable de refuser sa fille à Dieu et de vivre loin d'elle, songer pendant quelque temps à la suivre dans le cloître. Le cœur de la mère générale excellait à consoler ces deuils et à combler ces vides par son affection. « Les pauvres mères, disait-elle, je les comprends si bien! » — Presque dans le même temps, une de ces postulantes, la jeune Cécile Truelle, encore meurtrie par le coup de la mort de sa mère, était venue au Sacré-Cœur seulement pour y passer quelques jours dans la retraite et apaiser sa douleur. Mais elle n'eut pas plutôt connu M'"® Barat, qu'elle s'écria aussitôt : « J'ai retrouvé ma mère! » et elle voulut être sa fille , en se donnant à Dieu dans sa Société.

Chez d'autres, la vocation avait mûri au soleil du monde et de l'expérience. M""' Armande de Gausans avait trente-six ans quand elle se fit religieuse. Son père, le marquis de Gausans; sa mère, M"^ de la Noue, avaient fait partie de la cour de Louis XVI, dans ses plus beaux jours. Ensuite, ils furent tous deux de l'émigration. La marquise y étant morte, sa fille n'avait guère connu d'autre guide que sa tante, M™° Marie de Gausans, chanoinesse de Saint-Louis-de-Melz, qui,

revenue à Paris, se plut à l'y produire, jouissant de ses succès et fière d'une distinction qu'on regardait comme son ouvrage. Là, recherchée par le plus grand et le meilleur monde, entourée d'affection et d'hommages respectueux, trouvant dans son esprit la source des jouissances les plus élevées, puisant de douces consolations dans l'exercice des bonnes œuvres, Armande eût été heureuse, si les grandes âmes savaient s'en tenir à ce bonheur. Le sacré Cœur de Jésus- Christ lui révéla une félicité plus haute dans le don de soi-même au souverain Bien. Elle entra au noviciat en 1822. M"" Barat connut le prix de ce trésor : elle en fit sa secrétaire pendant quelques années. Mais Dieu lui en ayant demandé le sacrifice, elle l'envoya à la maison de Turin.

C'était des quatre vents du ciel que le sacré Cœur de Jésus appelait ses épouses. « J'espère, écrivait la mère générale, le 26 février 1821, j'espère que le Seigneur nous favorisera de plusieurs de ces âmes qui ne lui refusent rien. Nous venons de recevoir une postulante russe d'un rang distingué. Elle abandonne tout, fortune, famille, qui, à cause de son changement, ne lui donne presque rien. Elle a une éducation excellente et une vertu solide'. » Cette postulante était M"^ Nathalie Rostopchin, née à Saint-Pétersbourg, d'une famille dont le nom est attaché aux plus dramatiques souvenirs de son pays, aux plus sinistres du notre.

Précédemment, la mère générale avait écrit à .M"" iHichesne : « Je vous annonce une novice qui parle anglais

> A la niôre Ijiiilie Giraud, 20 avril 1821.

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