‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 53 sur 223 · LE MONASTÈRE DE SAINTE-MARIE H · texte numérisé non relu

LE MONASTÈRE DE SAINTE-MARIE H

après : « Maintenant le moment est venu pour moi de me taire. Il ne me reste plus qu'à obéir, et à dire avec un sentiment profond d'actions de grâces : Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur: Domine, memorabor justitiœ iuœ solius. »

En prenant possession d'un couvent qui avait reçu des religieuses de tout ordre et qui gardait encore des usages de tout genre , M- Barat craignait de grandes difficultés. Le Père Varin lui traça sa ligne de conduite: « 11 faut, lui écrivait-il, il faut dans la reforme, plus de patience que d'ardeur, plus de prudence que de zèle. Il faut aller doucement et gagner les cœurs : le reste vient ensuite et en détail, sans clameur et sans bruit. Défiez-vous donc du désir de voir tout aller au mieux ^ » Dès la fin de décembre, il lui donnait cette maxime qui fut constamment celle du gouvernement de M- Barat: « Fermeté dans son temps, dureté jamais; douceur et charité partout et

toujours ^ »

•Fidèle à cet esprit, la supérieure estima que la transformation de Sainte-Marie-d'en-Haut ne devait être que le fruit de l'amour de Jésus-Christ; et son premier soin fut de l'allumer dans les âmes. Comme on était alors dans l'Avent, elle en profita pour entretenir ses filles du mystère et du bienfait de l'Incarnation. En même temps on priait beaucoup dans la Société. A Amiens, les neuvaines pour la maison de Grenoble devaient se succéder jusqu'à l'Epiphanie : « Notre -Seigneur est si bon, écrivait le Père Varin, que vous obtiendrez tout

1 Amiens, 18 janvier 1805.

2 Paris, 23 décembre 180A.

de Lui. Il viendra à nous, petiL Enfant d'un jour dans le cours de notre neuvaine , et alors , ma chère sœur, que pourra -t -il nous refuser'? »

Les fêtes de Noël arrivèrent. Bethléhem sembla revivre au sein de ces montagnes, et dans ce monastère dont le délabrement ne rappelait que trop la nudité de l'étable. « La neige y entrait en plusieurs endroits , raconte M*"* Duchesne. Il manquait à l'église trois fenêtres et une porte. Le froid était très-vif, mais nous ne le sentions pas ^ »

Une fois le règne du Sacré-Cœur établi dans les âmes, rien ne leur coûta plus. On commença les réformes. Sur la demande de la supérieure, on supprima les grilles, on renonça à certaines exigences claustrales, on consentit à n'avoir pour toutes les religieuses qu'un même confesseur, qui fut M. Rivet. L'image de Jésus enfant, placée au milieu des sœurs par M""" Barat, recevait leurs hommages, et, comme dit M'"" Duchesne, « leurs naissants sacrifices. » — « Nous les déposions devant notre nouvelle mère, ajoute-t-elle, afin que cet épanchemenl de nos âmes dans la sienne nous valût les regards de Celui qui est le modèle parfait de la dépendance et du dépouillement religieux. »

Les exercices de la retraite donnée par le Père Roger, au commencement de 1805, firent de ces sacrifices un holocauste complet. A la fin , le prédicateur ayant demandé à M'"** Duchesne d'apporter au pied de la crèche ce (}ui lui tenait le plus au cœur: « Mais, mon l*ère, répondit celle-ci, il ne me reste plus qu'à y

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2 M"" Uuchesiic, Histoire auloç/r. de Suinte - Marie , \>. l't

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