‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 79 sur 223 · LA FONDATION DE NIORT 2U · texte numérisé non relu

LA FONDATION DE NIORT 2U

Sacré-Cœur, et qu'elle avait résolu de lui consacrer sa vie. Elle fut, avec Monique Lion, la première postulante de la maison de Niort. L'une mourut en Amérique, l'autre au Sacré-Cœur de Kientzheim dans le Haut- Rhin, et toutes deux en bénissant cette petite maison de Niort qui avait été le berceau de leur vocation.

Ainsi mettre Jésus -Christ d'abord sur un autel, si pauvre qu'il puisse être, puis dans l'âme des maîtresses, puis dans celle des enfants, voilà ce qui constitue l'œuvre d'une fondation, selon le Sacré-Cœur.

Cela fait, il n'y avait plus qu'à remercier Dieu, et à l'aimer toujours. Ce fut le dernier mot de la mère fondatrice à M"*^ Giraud : « Vous êtes doublement obligée d'être bonne. Votre petit troupeau augmente : il faut à la bergère de plus grands pâturages. Où les trouverez- vous? dans le Cœur de Jésus*. » Ailleurs, M""* Barat déclare que, pour elle-même, elle n'a plus d'autre désir que la gloire de Dieu, d'autre vie que son amour; et, laissant déborder l'ardeur qui la consume, elle s'écrie dans un transport digne de sainte Thérèse : « Si j'avais cent langues, et que je pusse me faire entendre de tous les hommes qui habitent ce vaste monde, je leur dirais : « Aimez votre Dieu, ne « vivez que pour lui plaire, et vous nagerez dans un « océan de bonheur*. »

La maison de Niort était fondée : c'était la sixième de l'Ordre. Avant d'en établir d'autres, la Société devait attendre maintenant plus de six années : années cri-

1 Grenoble, 12 septembre 1810.

2 Grenoble, 20 août 1810.

tiques durant lesquelles les menaces du dehors et les troubles du dedans commandèrent au Sacré-Cœur de se cacher dans l'ombre, et arrêtèrent l'essor de son développement. Jusqu'à la fin de l'Empire, on n'en peut dire qu'une chose : il vécut. La bonté de Dieu lui ménageait cette crise, comme, après une première moisson, il envoie à "la terre un hiver rigoureux, afin qu'elle sorte de là avec une nouvelle vie. Ce temps ne fut perdu ni pour l'avancement de l'âme ni pour l'avancement de l'œuvre de M"® Barat; et le dernier fruit de cette épreuve fut le progrès de la sainteté comme de l'autorité de la mère générale, le triomphe du Sacré-Cœur, et enfin, l'enfantement de ses Constitutions.

Page 1