INTRODUCTION XVII
Ordre et la propagation de ses œuvres dans le monde. Appelée à cet ouvrage par une miséricorde qu'elle ne s'explique pas, l'humble fondatrice s'est dit à elle-même : « Il faut que je ne sois rien afin que Dieu soit tout. » Elle laisse donc faire Dieu, attentive seulement à s'inspirer de son esprit et à suivre ses ordres. C'est ainsi que la Société se forme, avance, se dilate. Des âmes appelées de divers points se rencontrent et s'unissent, des fondations s'élèvent, des maisons s'établissent, des règles se formulent, la famille s'accroît : une providence visible, parfois môme éclatante, dirige l'entreprise. Arrive cependant l'heure nécessaire de l'épreuve. A deux reprises différentes, tout semble désespéré; mais M""^ Barat sait que les heures désespérées sont les heures de Dieu. « Quand tout nous abandonne, abandonnons tout à Dieu, » telle est une de ses maximes. Ni les contradictions, ni les révolutions, ni les persécutions ne Tébranleront point : « Ne voyons que Dieu, écrit-elle, ne nous attachons qu'à Lui, et ensuite que le monde s'écroule, si Dieu le veut. Nous demeurerons en paix, ensevelis dans le sentiment d'une confiance profonde ^ » A la fin cette confiance triomphe magnifiquement. Le sacré Cœur sort plus fort de chaque nouvelle crise ; et les deux continents peuplés par ses familles attestent cette puissance de la confiance en Dieu qui fait la grandeur propre et divine des saints, selon cette belle doctrine de saint Bernard : « Ils osent de
1 Maximes et pensées de la R. M. Barat ,2'^ édition.