CHAPITRE II
ŒUVRES DE ZELE ET DE CHARITE DE M""" BARAT — VISITES ET FONDATIONS : ASSOCIATION DES ENFANTS DE MARIE LES ORPHELINES DU CHOLERA
Octobre 1831 —Avril 1832.
La paix religieuse de la maison de Pans. — M"» Barat expose la mission réparatrice de la femme chrétienne. — M^' de Quélen au petit hôlel Biron. — La dévotion de M""= Barat à Marie immaculée et à Notre- Dame des Douleurs. — Réunion de la communauté d'Annonay au Sacré-Cœur. — La mère Henriette Granon. — Voyage de M'"" Barat dans le Midi; l'insurrection de Lyon. — Origine et organisation de l'Association des Dames enfants de Marie à Lyon. — Institution des retraites pour les dames. — M""= Barat à Avignon. — Le choléra est à Paris; M""^ Barat adopte les orphelines. — Visite à Perpignan. — Fondation et visite de la maison d'Aix en Provence. — M™= Barat est emmenée à Turin.
La première impression de M""' Barat, à son arrivée dans sa maison de Paris, fut celle de la paix toute céleste qui y régnait. « Me voici enfin dans la famille que je désirais revoir depuis si longtemps, écrivait-elle dès le 20 octobre à M. de Nicolay; je Tai trouvée tranquilb) et aussi calme que par le passé. Le courage, la force, la confiance en Dieu soutiennent toutes celles qui en font partie. Le zèle les anime et bannit l'inquiétude. J'ai
donc goûté un moment de bonheur de les voir aussi heureuses qu'on peut l'être dans la position si difficile où elles se trouvent. L'appréhension des événements politiques, du choléra même, effleure à peine la partie inférieure de l'âme. L'abandon au bon plaisir de Dieu détruit la crainte, et produit la douce paix, qui surpasse tout sentiment. Il est bien vrai que l'on craint peu de chose lorsque l'on a placé toutes ses espérances dans la vraie patrie '. »
Une première œuvre était faite : celle de la préservation de ce qui faisait l'espérance de la Société. Une autre tâche restait à la mère générale : réparer par le zèle les brèches faites à l'Eglise par la Révolution, « vaincre le mal par le bien , » comme s'exprime l'Apôtre, et, s'il était possible, rendre à Jésus-Christ plus qu'il n'avait perdu : c'était le grand besoin des temps. Il parut aussi à la mère Barat que c'était plus que jamais la mission réservée à la femme chrétienne ; et voici en quelle lumière une de ses lettres, adressée à jyjmc ^Q Rozeville, mettait ce grand rôle des femmes dans le siècle présent :
« 0 ma chère Adélaïde, que les femmes fortes sont donc rares! Il faut bien en convenir puisque TEspril- Saint dit qu'elles sont plus précieuses que les perles et les diamants. Puis quel éloge suit ce début! Travaillons donc, travaillons à en former quelques-unes, quoi qu'il en puisse coûter. Elles en formeront d'autres, et le bien se fera. Car, ajoute- t-elle, — et cette raison est remarquable, — car, dans ce siècle, il ne faut plus compter sur les hommes pour garder la fui. Le grain
« Taris, 20 octobre 1831.