‹ Histoire de Madame BaratChapitre 11 sur 311 · MISSION DES FEMMES CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

MISSION DES FEMMES CHRÉTIENNES

qui en restera se cachera chez le sexe le plus faible. 0 altitudo! que les pensées de Dieu sont différentes des nôtres! mais il est le Tout-Puissant^! »

C'est de cette grande vue qu'allait s'inspirer le zèle de M""^ Barat : c'est de là qu'allait sortir, en particulier, une de ses plus utiles institutions : celle de l'Association des Dames enfants de Marie.

Pendant le peu de temps qu'elle resta à Paris, la mère générale donna à ses fdles les règles de conduite les plus propres à leur mériter la bénédiction de Dieu et le respect des hommes. Depuis son départ, un acte de grave conséquence avait été accompli par l'initiative de M"'^ Eugénie de Gramont. Cette mère charitable voyant M^' de Quélen réduit, depuis le sac de l'Archevêché, à se loger étroitement et pauvrement chez les dames religieuses du couvent de Saint- Michel, non loin du Luxembourg, avait pris sur elle de lui offrir une partie de l'hôtel Biron, contiguë au pensionnat, et nommée le Petit-Hôtel. C'était créer à la maison une situation non - seulement irrégulière , mais encore dangereuse, car le nouveau gouvernement regardait l'archevêque comme un de ses ennemis les plus intraitables. M"'® Barat, se plaçant à ce double point de vue, avait donc eu raison de se récrier d'abord énergiquemerit : « Ah! que je serais mécontente si VHospitalier (c'était le nom de convention donné à l'archevêque ) venait descendre au Petit -Hôtel! Quelle gêne, quelle imprudence pour les temps mauvais! S'il y devait rester seul, encore passe, mais tant de gens qui viendront le voir! Vous qui êtes si prudente, com-

1 Grenoble, 4 juillet 1831.

ment avez -vous pu avoir celle pensée?... Faites donc l'impossible pour que ce ne soit pas'. » Mais il était trop lard : l'offre était acceptée. Il ne restait plus à la supérieure qu'à redoubler de sagesse et de précautions pour que la liberté, la considération, l'esprit religieux de la maison de Paris n'eussent qu'à profiter du voisinage et de la protection déclarée de l'homme de Dieu. Ce fut, pendant neuf ans, le sujet de nombreusees lettres de la mère Barat.

Elle venait elle-même de procurer à ses filles un plus haut patronage. Depuis le mois de janvier 1831 , la maison de Paris avait été mise sous la protection de Marie immaculée. Estimant qu'il fallait se hâter d'iiilerposer la médiation de Marie entre les péchés du monde et la colère divine, M"'° Barat faisait de la dévotion à la Mère de Dieu la sauvegarde de ses maisons. « Je suis ravie, ma fille, écrivait-elle un jour à la mère de Limminghe, je suis ravie des sentiments de confiance que vous nourrissez envers la sainte Mère de Dieu : une maison oii elle préside sera bénie de son Fils, et elle ne périra pas. » C'est dans ce temps aussi qu'elle conçut envers Notre-Dame des Sepl-Douleurs celte dévotion compatissante que lui inspirait le spectacle des révolutions. Elle croyait et disait que, dans ce renouvellement de la Passion de Jésus, une épouse du sacré Cœur avait sa place marquée à cùlé de Marie, debout au pied de la croix. Nous allons voir celle dévotion de Marie honorée dans le double mystère de sa Conception cl de sa Compassion inspirer les enlrcju-ises d'un zèle impatient de reprendre ses œuvres.

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