‹ Histoire de Madame BaratChapitre 100 sur 311 · SON RETOUR A PARIS · texte numérisé non relu

SON RETOUR A PARIS

Cependant, elle se hâtait vers la maison de Paris. Le désir, l'espérance d'y tout remettre dans l'ordre et dans la charité lui donnait des ailes. Elle écrivit de Parme à M"'° de Gramont : « Ma chère Eugénie, je voudrais tant vous revoir et vous embrasser! Je ne puis croire que nous soyons longtemps divisées de sentiments, lorsque nous pourrons nous entendre, nous qui ne faisons qu'un, sous tous les autres rapports. Je m'arrête : mon pauvre cœur ne pourrait supporter une explication. Je prie, et je ne puis m'empêcher d'espérer de voir se rétablir notre délicieuse unions »

Elle allait y travailler. L'œuvre devait être longue encore; mais dans ce combat, le plus pénible qu'elle eut jamais à soutenir, M"'® Barat n'apportera qu'une arme : la douceur. Or qu'on ne l'oublie pas, la douceur est une force. Jésus- Christ a déclaré « qu'à elle appartient la terre »; et, en effet, qui ne sent que les âmes maîtresses d'elles-mêmes sont les seules âmes capables d'être maîtresses des autres? Mais la raison supérieure, surnaturelle de cette force, c'est que l'Esprit tout-puissant ne trouve qu'en de tels cœurs la plénitude de sa lumière et la puissance entière de son opération, selon qu'il est écrit : « Le Seigneur est un Dieu de douceur et de droiture : ce sont les doux qu'il instruira de sa sagesse, c'est à eux qu'il apprendra à marcher dans ses voies ^ » — La douceur a la clef de ce monde et de l'autre.

ï Parme, 31 août. Chambéry, 14 sept.

2 .1 Dulcis et reclus Dominus; diriget mansuetos in judicio, docebit miles vias suas. » [ Psalm. xxiv, 9, 10.)

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