DÉCISION DE ROME ET UNANIMITÉ AU SACRÉ-CŒUR
Septembre 1840. — Mars 18i3.
M"" Barat pacifie les esprits à Paris. — Elle y tombe malade; son union à Jésus et à sa croix. — Sa visite aux maisons du Nord. — Son départ pour Rome; le Pape éclaire ses démarches. — Mort de M™= Eugénie Aude. — Zèle de M""; Barat à la Trinité; la retraite des dames. — Son retour en France, fondation et visite à Saint-Elpidio. — Convocation du conseil à la Ferrandière. — Mçf AfTre y met opposition. — Mort de la mère Henriette Grosier. — Mémorable retraite prêchée parle P. Barrelle. — La mère Galitzin s'offre comme victime pour la Société. — Le conseil de Lyon se dissout. — Lettre du ministre des cultes; le Sacré-Cœur est menacé de suppression. — M"^ Barat rentre à Paris. — Ses luttes douloureuses. — Sa charité, sa prière solitaire, son humilité , son espoir en Dieu. — La cause est portée à Rome. — Mission de Mgr Matthieu. — La commission romaine conclut au maintien des premiers statuts. — Soumission générale. — M""= Barat ramène tout par sa bonté. — Le cardinal Lambruschini est nommé protecteur de la Société. — M""> Barat sort de celte épreuve plus grande et le Sacré- Cœur plus fort.
La mère générale arriva à Paris le 29 septembre , fête de saint Michel. Les premières semaines se passèrent à la rue Monsieur, où ses novices, ignorantes de tout ce dissentiment, suivaient les exercices d'une re-
traite qui fut close par la fête de sainte Thérèse. M""" Barat y prit part, priant avec ses filles et leur faisant des instructions sur cette devise de la sainte : « Ou souffrir ou mourir 1 » C'était comme sa veille d'armes à l'approche du combat.
Elle s'établit ensuite à la rue de Varennes, où la pratique des Décrets était toujours retardée sous différents prétextes. On alléguait tour à tour la mort de l'archevêque et le respect de son souvenir, l'attente de la nomination de son successeur et la manifestation de sa volonté à cet égard : « Le bon Dieu secoue bien le petit arbre de la Société, comme le vent des tempêtes en hiver ébranle les arbres des forêts, disait la supérieure. Ceux qui sont solides s'enfoncent davantage; mais combien de déracinés M » ^
Son premier travail fut de ranimer la maison dans l'amour de Dieu, source du sacrifice, de l'union et de la paix. « Si nous devenions bien parfaites, bien saintes, disait-elle, comme le divin Cœur se dilaterait pour nous! Mais, hélas! nous le resserrons par nos infidélités : c'est une vérité que je touche du doigt-. »
Sa douceur, sa bonté calme, son affabilité firent ensuite tomber bien des préventions : « Toutes me disent : Ah! si seulement vous étiez venue vous-même apporter les Décrets, personne ici n'aurait songé à réclamer ''. » Et quelques mois après : « Ma mission va doucement, mais cependant elle marche. La maison prend tout l'aspect religieux que comporte riiùtcl lîiron; et toules
> A M"" Galilzin, 28 ocl. IH'iH.
a A M"" Aude , '20 nov.
a Ibid., ij:; u(.l.