‹ Histoire de Madame BaratChapitre 104 sur 311 · AVIS DE (GRÉGOIRE XVI 3J · texte numérisé non relu

AVIS DE (GRÉGOIRE XVI 3J

plus immédiats et plus intimes ^ » Cette parole devint pour M'"'' Barat un fil conducteur. Aussitôt, elle s'empressa d'annoncer par circulaire qu'elle n'était à Rome que transitoirement , et qu'elle serait de retour en France dans le courant de l'année : c'était là, en France, que se réunirait le Conseil général appelé à statuer définitivement. « Quel travail m'attend! disait-elle dans une lettre, mais Notre-Seigneur aidera. Nous vaincrons avec les armes de l'humilité et de la prière; ne nous lassons pas d'y avoir recours ^ »

En arrivant à Rome , la mère générale avait trouvé mourante M"'° Eugénie Aude, qu'elle avait établie depuis deux ans supérieure de la Trinité -du -Mon t. Cette fille si chère semblait n'attendre que son retour pour expirer entre les bras de celle qu'elle avait tant aimée. M™** Barat s'intalla pendant quatre mois auprès de son lit de douleurs, et le 6 mars, vers le soir, elle lui ferma les yeux. « Elle est morte , écrivait-elle , tranquillement, comme une bienheureuse, dans la résignation, la confiance , la paix la plus douce. Je reste dans la douleur, et chargée de la Trinité jusqu'au moment de mon retour ^ »

Il y a des époques où le souffle de Dieu, toujours si sensible à Rome, passe, plus riche encore de grâce et de vérité, sur ses collines éternelles. Le Père de Ravignan venait de prêcher l'Avent à Saint- Louis des Français; et sa parole pénétrante avait remué les âmes à de grandes profondeurs. Le Carême acheva l'œuvre, en jetant dans cette terre ainsi labourée la semence

1 Notes de M"'« Barat sur son voyage de Rome.

2 A M-» Eul. de Bouchaud , 21 IVv. 1812.

3 A M'"« d'Avenas, 7 mars.

divine. La semaine sainte « rendit le plus grand des mystères presque présent aux yeux » ; comme disait la mère Barat, et elle ajoutait : « Ahî qu'il soit surtout présenta notre cœur! Jésus dans le sacrement de son amour, Jésus sur la croix : voilà ce qui devrait faire la vie d'une religieuse, surtout au Sacré-Cœur'. » Enfin, ce qui mit le sceau à ces impressions de grâce, ce fut la mort si sainte de M. le comte de la Ferronnays; Tapparition de Marie au juif Ratisbonnc , sa conversion miraculeuse, enfin sa vocation sacerdotale et religieuse : « Je lui souhaite de devenir l'apùtre de sa nation, et, si Dieu le veut, le martyr, » écrivait M"'° Barat-.

Elle-même se mit activement au service des âmes. A son instigation, une retraite fut prèchée, dans Téglisc de la Trinité, aux dames romaines et étrangères, et produisit de grands fruits. On la consultait; plusieurs venaient lui confier ces peines que l'on ne verse (juc dans le sein de Dieu, d'une mère ou d'une sainte : « Que de misères on entend ! s'écriait la pieuse confidente des âmes, lorsque ce triste monde soulève un coin du rideau qui le cache! Ah ! c'est bien pour l'amour du sacré Cœur de Jésus que nous le voyons par ce coin. Quelle horreur ! » Alors elle se prenait à envier le sort de sa digne compagne, la mère Desmarquest, que son heureuse ignorance de l'italien laissait seule avec Dieu. « Si, lorsque j'étais enfant, j'avais pu prévoir ma destinée, disait -elle, je me serais entêtée à ne rien apprendre, et j'aurais été sœur. Regret inutile, je le sens! et aujourd'hui le mieux serait [)our moi de tirer

1 A M- t:ul. (le Hoiichatid. 2S aoiM l.sl'i. •i Ibid., 28 juin 1842.

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