ENTRAVES AU CONSEIL
in montes^ » M""' de la Barmondière avait donné au Sacré-Cœur une maison située sur les hauteurs de Fourvières et nommée les Anglais. C'est là que les saints exercices furent prêches par le Père Barrelle. Cette retraite , au milieu de ces affaires brûlantes et épineuses, fut une source dans le désert. Le saint religieux se surpassa en cette circonstance. « Jamais je n'ai entendu une retraite semblable, disait encore, longtemps après. M™'' Barat, On sentait qu'une spéciale communication de lumière et de grâce avait été donnée par Dieu à son apôtre , dans ce pressant besoin de la Société. » — c( Il y eut des fruits pour tous, » lisons -nous dans les notes de la mère générale. 11 y en eut surtout d'abondants pour elle-même, comme l'indiquent ces lignes, écrites au lendemain de ces jours de grâce : « Les souffrances personnelles me touchent peu. Amplius/ c'est mon cri, pourvu que le Cœur de Jésus sauve la Société, » Et deux jours après : « Sauvons la Société de la crise qui la menace. Il n'y a qu'un remède : l'union! Devrions-nous périr à la peine, il faut l'appliquer au mal qui nous divise '. »
Une de ses fdles entendit cet appel au sacrifice. M'"" Galilzin avait un caractère de bronze, mais un cœur d'or. Son absolutisme d'esprit avait été pour beaucoup dans les embarras et même les souffrances de la supérieure; mais sa générosité lui suggéra que peut-être, dans la crise présente, Dieu voulait une victime, et elle se dévoua spontanément au Seigneur pour souffrir et mourir. Nous avons sous les yeux l'acte
1 La Ferrandière, 3 juillet.
2 A M"'= de Boiicliaud , 6 août. — A M'"^ d'Avenas, 8 août.
de cette oblation , écrit et signé d'une main résolue. Elle le soumit à l'examen de M""^ Barat, qui le ratifia à l'issue de la retraite; voici par quelles lignes cet écrit se termine : « Mardi 10 août 1842, notre mère générale et le Père Barrelle m'ont offerte au Seigneur comme victime de la Société. » Nous verrons, par la suite, si cette offrande fut vaine.
Le Conseil allait-il se tenir? Le plus grand nombre des évêques le déconseillait. Même le premier patron de cette assemblée, le cardinal de Donald, fit entendre avec regret qu'il ne lui était plus possible de l'autoriser chez lui, en présence des périls, des scandales, des ruptures que lui faisaient appréhender certaines lettres de M^ l'archevêque de Paris.
C'est alors seulement que M""" Barat reçut la réponse de Rome. Un bref du Pape, adressé , dès le 10 août, au cardinal protecteur Pedicini , et expédié en double à M^' Aflre, apprenait à celui-ci que i< sa qualité d'archevêque de Paris ne lui conférait pas de juridiction sur la Société entière des religieuses du Sacré-Cœur ». L'archevêque se soumit, mais il était blessé. « (ju'allait-il répondre au gouvernement, demanda- t-il à la supérieure générale, quand celui-ci, selon sa coutume, le consulterait au sujet des fondations? et que ferait le ministre, en apprenant que l'archevêque n'était plus autorisé dans la Société...? » Cette lettre cachait la menace d'un nouveau danger , et le nuage qu'elle montrait suspendu à l'horizon était gros de tempêtes.
Dans cette appréhension, le Conseil ajourna indéfiniment répo(jue de sa n-uiiinn. Les mères durent se disperser. La supérieure elle-même partit le *.) septembre, approuvée par les uns, blâmée par les autres, en proie