‹ Histoire de Madame BaratChapitre 122 sur 311 · II · texte numérisé non relu

II

désire une Française pour être à la tête et remplir les premiers emplois, écrivait la mère générale. Il en-est ainsi partout, quoiqu'on nous aime peu. Mais, qu'importe, pourvu que l'on aime Jésus-Christ! N'est-ce pas le grand but que nous voulons atteindre? Que sont nos travaux; et nous-mêmes, que sommes-nous? Rien. Saint Paul disait qu'il était la balayure du monde : nous serions heureuses de l'être comme lui*. » Plusieurs fois, sur leur route, les religieuses furent reçues par des princes et des princesses empressés de leur faire un charitable accueil. Une riche comtesse logea d'abord la colonie dans son hôtel. I\Iais la mère générale s'effraya de tant d'éclat : « Ce n'est pas notre place, écrivit-elle à une des mères. Il faut, en attendant votre installation, louer une maison modeste pour vous y retirer. Sous tous les rapports, ma fille, nous gagnerons à nous tenir dans la solitude et près de Jésus seul. Rappelez-vous sainte Thérèse dans ses fondations. Comme elle cherciiait à se cacher ! Et certes, cependant, elle était bonne à voir. » La maison de Lemberg fut ouverte dans l'automne de 1843, et placée sous le patronage de saint Stanislas Kostka, le saint de ce pays.

Mais arrivons à l'œuvre qui, durant la période que nous parcourons, fut l'entreprise principale de M'"" Barat :

L'Angleterre lui inspirait un intérêt profond. Si des génies comme Rossuet, « considérant la piété admirable qui longtemps a fleuri dans cette île, autrefois rexemple du monde, ont senti leur esprit s'émouvoir en eu.\mômes, à l'exemple de saint Paul, et frémir en la

i Rome, 9 juin 18'i2.

Page 1