FONDATIONS EN ANGLETERRE
voyant attachée à Thérésie % » de quel regard les saints ne considèrent-ils pas la déchirure que le schisme de ce grand et religieux peuple a faite au Cœur de Jésus! M"*^ Barat disait dès 1802 : « Celte nation est faite pour de grandes choses. » Enfin, voyant de jeunes Anglaises protestantes se convertir au pensionnat de Paris, elle écrivait récemment : « Elles seront nos précurseurs en Angleterre; car si le Cœur de Jésus daigne nous assister, j'espère que nous irons y jeter le grain de sénevé, dans dix -huit mois ou deux ans^ »
C'était en 1839 que la mère générale exprimait cet espoir. En 1841 , son projet semblait mûr, et déjà Dieu lui en désignait l'instrument dans une Anglaise de mérite, M"'^ Charlotte Goold, ancienne élève d'Amiens.
M™*" Charlotte Goold avait paru, pendant sa brillante jeunesse, dans le monde le plus distingué, à Londres, à Paris, à Bruxelles, où elle avait été remarquée et aimée par la princesse d'Orange, depuis reine des Pays-Bas. Elle avait passé ensuite par une rude école. Après avoir vu sa vocation longtemps contrariée, elle avait été irrémédiablement frappée dans sa santé, par un accident qui avait failli la rendre la proie des flammes. Maintenant elle avait trente ans; sa belle tenue, son grand air, sa conversation, tout dans sa personne respirait la dignité britannique. M""^ Barat voyant cette âme fortement trempée pour l'action et la souffrance, jugea que personne ne serait plus propre à faire l'œuvre de Dieu dans la Grande-Bretagne : « J'ai la conviction intime et persévérante que Jésus vous
1 Bossuet à milord Perth. Lett. cxxiv.
2 A M'"e d'Avenas.
veut dans la Grande-Bretagne, lui écrivit- elle dès la veille de ses vœux. Redoublez donc vos prières, et que \e jour de votre profession soit aussi celui oii , triomphant du Cœur de ce divin Maître, vous obtiendrez la grâce de vous sacrifier, avec la Société et selon l'obéissance, au salut de votre patrie. J'ai la confiance que Notre-Seigneur vous exaucera. »
En efîet, des fondations ayant été demandées en Angleterre, M""" Goold s'y rendit; et bientôt trois maisons s'élevèrent, presque en même temps, sur le sol britannique.
La première fut fondée à une journée de Dublin , dans la ville de RosCrea , comté de Tipperary, où une communauté de religieuses de Sainte -Brigitte, ayant pour supérieure la mère Mac-Mahon, souhaitait de se réunir à la Société. La peinture que M'"" Goold fit de l'indisrence extrême de l'établissement ne déconcerta pas la mère générale : « Eh bien! répondit-elle, si Jésus veut que la Société du Sacré-Cœur commence en Irlande par un Bethléem, que le bon plaisir du Seigneur s'accomplisse! » Elle y mit comme supérieure M'"*" Élisa Croft, précédemment assistante de M""^ de Gramont à la maison de Paris, religieuse admirable de tact et d'abnégation, qui sut se faire toute à tous pour l'amour de Jésus- Christ : « La chose du monde qui m'étonnerait le moins, disait d'elle M""" d'Avenas, serait de lui voir faire des miracles. »
La seconde fondation fui établie près de Londres. Environ à une lieue et demie de cette ville, le Sacré- Cœur acheta une petite villa, bâtie au siècl»* piécédenl, par lady .Montagu , sui' les ruiiie.>^ d'un ancii'ii iiriruiibénédictin, t't cnloun'' d'un grand parc: on raj>pelail