‹ Histoire de Madame BaratChapitre 124 sur 311 · FONDATIONS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

FONDATIONS EN ANGLETERRE

Berry-Mead. Son prix eût effrayé la mère générale en d'autres circonstances : « Mais, écrivit-elle à M™" d'Avenas, l'Angleterre me tient si fortement au cœur, que je suis décidée à faire tous les sacrifices pour nous y établir. » En conséquence, le H décembre 1842, une colonie composée de quatre religieuses de chœur et de cinq sœurs coadjutrices, arriva à Berry-Mead; et le 25, jour de Noël, Notre -Seigneur descendit pour la première fois parmi sa petite famille. M^ Morris', ancien vicaire apostolique de l'île Maurice, y célébra la messe. Le missionnaire n'ayant pu retourner dans son île, consacra son ministère aux religieuses du Sacré-Cœur : il professait une sorte de culte pour M""^ Barat.

Ce fut sur ses instances, et même sous sa conduite, que, dans le mois d'octobre 1843, une troisième fondation s'établit dans le domaine et couvent de Cannington, dans le Somerset. Lord Clifford, qui avait précédemment donné sa fille au Sacré-Cœur, lui prêtait cette maison de laquelle on concevait de belles espérances. Elle ne put subsister, ainsi que la mère générale ne l'avait que trop bien compris dès le commencement. « Chère Charlotte, écrivit-elle le 21 avril 1844 à la supérieure, je conclus de l'état présent de votre maison que quelques personnes vous voulaient à Cannington; mais non Notre- Seigneur, car il m'en donna un grand éloignement. Ah! combien je regrette de n'avoir pas mis de la fermeté dans mon refus! C'est fait; mais l'état de gêne de notre Société ne nous permet pas de soutenir cette maison dispendieuse et sans résultat. Il faut en finir, ma fille, et ce sera sur les lieux que nous en déciderons. »

Afin d'en décider. M"''' Barat, prenant la mer pour

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la première fois, se rendit on Angleterre, dans la compagnie de M^' Morris et de M"'° d'Avenas. Le 4 juin, la supérieure était à Berry-Mead, oij elle célébra la fête du Sacré-Cœur, au sein de la joie générale des enfants et des maîtresses. « Certaines préventions existaient contre nous, raconte une de celles-ci; si bien qu'après dix-huit mois de fondation nous n'avions encore que dix-neuf pensionnaires. Mais dès que les enfants virent notre vénérée mère, leurs cœurs furent gagnés. C'était un charme de la voir, aux récréations, dans le jardin, assise sous un arbre où les enfants rentouraient, la pressaient, avides de l'entendre et de recevoir sa bénédiction. Le jour du départ, elle vint dans la salle d'étude leur faire ses adieux. A cette annonce, elles ne purent que se précipiter toutes à ses genoux, fondant en larmes, sans pouvoir proférer un seul mot. Notre mère essaya de leur dire quehpies paroles, mais les sanglots l'empêchèrent elle-même de parler. On eût dit que ces enfants allaient perdre une mère'. »

Le 16, elle arriva à la maison de Cannington auprès deM'"°Goold, à qui elle écrivait : « Que de choses, ma fille, nous aurons à traiter! Hélas! il y en aura plus de tristes que de consolantes; mais dès que tout nous vient de la volonté de Dieu, nous mcllrons les unes et les autres sur la même ligne, n'est-ce pas-? »

Cannington fut supprimé, <H sa communauté réunie à Herry-Mcad, dont M"" Goold fut nommée suj)éricure. « Ces deux fondations, écrivait M""" liaral , étaient

' Témoipnapc de M"" C, Ihomassin. N» 17. - Bcrry-M<ja<l . »'. juin.

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