‹ Histoire de Madame BaratChapitre 130 sur 311 · LE BETHANIE DE CONFLANS — JOIES ET DOULEURS · texte numérisé non relu

LE BETHANIE DE CONFLANS — JOIES ET DOULEURS

Le noviciat est transféré à Conflans. — M™» Barjit en aime la pauvreté et la paix. — Elle s'y établit en 1842. — Son amour pour la campagne; son amour des pauvres, des pécheurs. — Sa tendresse pour ses novices et postulantes; ses instructions : Tout donner pour tout avoir. — La gaieté de ses conversations. — Son appréhension des voies extraordinaires. — La sœur Marie Lataste. — Mort de M'"' Eulalie de Bouchau. — Mort de M""" Aglaé Varin, Clara Quirin, Philomènê Hennebeny, Françoise Nicoud, Edmée Lhuillier, Antoinette de Gramont. — Mort de Mer de Beauregard, M^ Frayssinous, Me^ Tharin. — M""= de Charbonnel à Conflans. — Visites et instructions du P. Varin. — MerAllVc prive le Sacré-Cœur du ministère des jésuites. — L'Université inquiète le Sacré-Cœur. — Menaces contre l'Église dans l'Europe. — Élection du souverain pontife Pie IX. — Fondations à Sarria, près Barcelone, à Bourges, à Rennes, à Montfleury ; près Grenoble; àGralz, en Styrie. — M™« Barat excite le zèle des novices. — Guérison instantanée de M"'^ de Monestrol. — M™« Barat revient à la rue de Varennes. — Etat de cette maison. — Elle y gagne tous les cœurs. — M""» Eug. de Gramont tombe malade , et fait une sainte mort. — M™' Barat prend la direction de la maison de Paris. — La Société est forte et unie pour le combat.

Le voyageur qui, arrivant d'Orléans à Paris, va franchir la ligne des fortifications, à la hauteur de Vitry , voit s'élever à sa droite, de l'autre côté de la Seine, une

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grande et haute maison, que son modeste campanile, le chevet de son église, sa triple rangée de fenêtres, ses toits aigus dont les lignes semblent chercher le ciel, font assez reconnaître pour une demeure religieuse. C'est la maison de Conflans, où, depuis le printemps de 1842, M""" Barat avait transféré et établi le noviciat de la rue Monsieur.

Situé, comme son nom l'indique, au coniluent de deux rivières, la Seine et la Marne, Conflans voit se dérouler du haut de ses jardins deux aspects très-divers. D'un côté se déploie la grande ville, masse confuse, où les flèches des églises percent un nuage éternel de fumée et de brume; de l'autre, au contraire , s'ouvre un horizon de campagnes tranquilles que relèvent au loin de légères collines. On dirait un poste placé sur une double frontière, entre la vie de prière et la vie de combats, qui est , en effet, la double vie du Sacré-Cœur.

Conflans n'est pas sans nom dans l'histoire de l'Eglise. Depuis environ deux siècles, les archevêques de Paris y avaient leur maison de campagne; M^ de Beaumont avait mérité l'honneur d'y être confiné pour sa couiageuse résistance aux ennemis de Dieu ; M*^ de Quélen y avait résidé souvent dans ses jours heureux. Le même lieu , nous l'avons vu , avait été consacré aux journées de Juillet par les angoisses de M"" Barat. PIu.s tard, la charitable mère y avait transféré ses orphelines du choléra. Près de là, le séminaire avait une succursale où les anciens du clergé se souviennent d'avoir fait leurs classes de rhétoriijue et de iihilosophie : c'est cette dernière maison (jue M"" Barat souhaiUùl (h'puis longtemjis pour son noviciat. EWcmênii' r;ic(>iil;iil qur la première fois (|u'elle l'avait

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