II
qui est le fondement de tout, l'esprit intérieur et le zèle des âmes'. » Elle répétait souvent : « Soyez des formes de Dieu. Comme les espèces sacramentelles, ne soyez que des apparences ; mais que votre substance soit Jésus-Christ lui-même. » C'était à l'amour d'opérer ce miracle, et on l'entendait dire : « La sainteté ne consiste pas à être canonisée , mais à beaucoup aimer Dieu. » Un jour, voyant quelques-unes de ses filles se promener sous un soleil de feu : « Rentrez à l'ombre, leur dit- elle; le seul feu dont je désire que vous soyez brûlées est le feu de l'amour de Dieu. » Puis s'adressant à toutes : « Savez- vous quel est le bois qui doit l'alimenter? » Et quand chacune eut répondu à sa manière : « Aucun bois, leur dit -elle, en citant saint Ignace, n'est plus propre à entretenir le feu de l'amour divin que le bois de la croix-. »
Les conférences solennelles quelle faisait, aux veilles de fêtes, étaient souvent enrichies d'images très-éloquentes. Un jour, ayant dit que, de nos défauts même, nous devions nous faire une sorte d'échelle pour monter à Dieu, elle ajouta ce trait : « La veille de son martyre, sainte Perpétue vit en songe une échelle qui allait de la terre jusqu'à Dieu ; mais il y avait, au bas, un dragon qui la gardait pour empêcher de monter. Perpétue, sans s'ellrayer, met hardiment le pied sur la tête du monstre, et s'en sert comme de premier degré pour s'élever au ciel. Mes filles, faites comme elle, méprisez le serpent; mettez le pied sur sa tête, cl vous vous élèverez ainsi victorieusement vers la per-
« Joiirtinl , 9 mars el Ci juin 1843.
a Journal. 18 juin lH'i;i, p|.. l'.t cl 37.