‹ Histoire de Madame BaratChapitre 139 sur 311 · L.\ MÈRE DE CHARBONNEL A CONFLANS · texte numérisé non relu

L.\ MÈRE DE CHARBONNEL A CONFLANS

celles que j'ai connues. Revêtez-vous d'avance d'énergie pour ce temps-là; et souvenez- vous alors que vous avez toute puissance sur le Cœur de Jésus-Christ, comme l'épouse sur l'époux : c'est pour cela qu'on nous appelle Dames du Sacré- Cœur ^ »

Auprès de ces voix maternelles s'élevait toujours celle du bon Père Varin. « Jamais, dit le journal, ce saint vieillard ne nous parut plus homme de Dieu qu'à cette époque. Nous croyions entendre saint Jean, dans sa vieillesse , exhortant ses disciples à s'aimer les uns les autres. »

Le vénérable fondateur recommandait aux novices de se faire une âme plus vaste que le monde. « Quelle est celle d'entre vous, mes filles, leur demandait-il, qui doit entrer la première dans le ciel? Je ne sais, mais ce que je puis vous dire, c'est qu'aussitôt qu'elle y sera. Dieu remplira son àme. Eh bien, si vous devez être le temple de ce grand Dieu, dilatez -vous donc, vous dirai -je avec l'apôtre, dilalez-vousM »

Conséquerament, il leur disait d'aimer Dieu et le prochain, mais d'un amour fort. Une de ses règles était « qu'en toute action il faut que la gloire soit pour Dieu, l'utilité pour le prochain, et la peine pour nous. » — « Pendant toute votre vie , dites-vous : Dieu est bon ! A l'heure de votre mort vous répéterez : Dieu est bon ! et toute l'éternité vous chanterez : Dieu est bon M » Un autre jour, il terminait l'entretien en disant : « 0 quel Maître que Jésus! Aimons- le donc, mes filles: il fallait une Société du Sacré-Cœur pour aimer Jésus! »

1 Journal de 18-43, 17 août.

2 Journal, 2juilleU841.

3 Journal, 2 fév. 1842, 14 fév. et 6 juin 1843.

Mais il ne séparait pas le nom de Marie du nom de son adorable Fils : « J'ai connu, disait-il, un bon vieux patriarche qui, tous les jours, se faisait entourer de ses enfants, pour leur parler de leur mère qui était dans le ciel. Je suis aussi un vieux père qui vient au milieu de ses filles pour leur rappeler leur mère; et quelle mère que Marie ' ! »

La conclusion de ses discours était toujours la joie et la reconnaissance : « Vous savez, mes filles, que j'approche du terme, qu'incapable de rien dire, je ne suis plus bon qu'à rester dans mon petit coin ; mais j'ai voulu venir encore pour vous dire : Gaudete. » Puis, quelques jours après, il leur faisait cet adieu de l'Apôtre bien- aimé : « Mes chères enfants, aimez -vous les unes les autres, c'est le précepte du Seigneur-. »

Cet adieu devait être plus long qu'il ne le prévoyait. Comme avant 1830, l'irréligion préludait de loin à une révolution en attaquant l'Eglise; et comme alors aussi , les Jésuites avaient l'honneur d'essuyer, à la tribune, dans les journaux, les pamphlets et les conseils royaux, les premiers coups de feu. Vaillamment, éloquemment défendue dans les Chambres, soutenue par une courageuse coalition d'évêques, la Société de Jésus était loin de trouver un pareil soutien dans M*^ Afîre, archevêque de Paris. Plaçant au-dessus du grand intérêt catholique SCS ombrages personnels, il se fil, sans le vouloir, le complice du mal, en tracassant les Jésuites, paralysant leur zèle, restreignant leur action, et jetant sur leur personne, à une pareille heure, la déliance et le discrédit dont

i Journ.il, 22 mai, l'i juillet. 17 se|it. iNi'i, 2 /6i>/., «cl2'i sept. iH'.'i.

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