MORT DU PÈRE VARIN
Les révolutions renaissantes et l'espérance chrétienne. — M™= Barat prévoit la persécution et prescrit la prière. — Le radicalisme suisse expulse le Sacré-Cœur de Montet. — Haine pour le Sacré-Cœur et le nom de Jésus. — Le Sacré-Cœur est odieusement expulsé de Turin. — Pignerol et Saluées sont supprimés. — Parme est abandonné. — Émeute contre le Sacré-Cœur à Gènes; son expulsion. — Piévolution de février 1848 à Paris. — Charité de M™« Barat. — Elle rassure le noviciat de Conflans. ■<— Retour à Paris des religieuses proscrites. — M™' Barat pleure l'olTense de Dieu. — Les journées de juin; Meri" Affre mourant envoie des paroles de paix à M™» Barat. — M""= Barat visite les provinces; voyage à Bourges, Tours, Bordeaux, Nantes. Niort, Poitiers. — Ses pieux séjours à Marmoutier. — La révolution à Rome. — Siège de celte ville. — Péril et délivrance du Sacré-Cœur. — M™« Barat relève les âmes vers le ciel. — Victimes et précieuses morts. — Adieux et sainte mort du P. Varin.
Avant d'entrer dans le récit d'une nouvelle révolution, les chrétiens que découragerait le spectacle de ces secousses de la patrie terrestre observeront uti-
lement que notre Sauveur lui-même a passé les années de sa vie en ce monde, dans un pays en proie aux déchirements des factions, menace par Tcnnemi, et déjà visiblement sur le penchant de sa ruine. En plaçant le berceau de sa sainte religion à côté de cette tombe de la nation infidèle, le Seigneur nous a montré que le salut de ses saints n'est pas subordonné à la condition des bonheurs publics; et s'il faut, comme Lui, pleurer sur la cité qui a méconnu le jour de sa visite, il faut, comme lui aussi, ne pas se fatiguer de redire aux âmes immortelles : « Levez les yeux, voici que votre délivrance est proche. »
Au premier bruit de l'orage qu'elle entendait gronder d'un bout de l'Europe à l'autre, le cri de M""* Barat fut celui de sainte Thérèse : « A l'oraison, mes chères sœurs, à l'oraison! » — « L'enfer se soulève partout, écrivait- elle de Conflans, le 2G octobre 1846. Ne nous lassons pas de prier. Jamais l'Église, la Société, les âmes n'ont eu plus besoin de ce secours de Jésus-Christ; et II ne l'accorde qu'aux âmes intérieures et fidèles. Ah! demandez instamment que le bon Maître me rende telle, et je ne désirerai plus rien'. » Elle écrivait encore : * Priez pour que le divin Cœur me donne son Esprit, car nous sommes bien près de la persécution; mais cette parole de notre Sauveur et Maître me remplit de confiance : Ne craignez rie)i,j'ai vaincu le monde/ Puis cet autre passage : Vous serez persécutés à cause de nwn nom, ne nous regarde-t-il pas? Il est certain que ce doux nom du Conir do Jésus nous vaut la haine do plusieurs*. »
1 \ M"" (le Liniininj;lio, 2<'> o.t. Is'iG.
2 A M"" du Housiur. Taris, '6 jaiiv. 1847. — II., 23 d(ic. 18-iG.