‹ Histoire de Madame BaratChapitre 161 sur 311 · II · texte numérisé non relu

II

en ce monde, que vous ne pouvez me placer en mauvaise dans l'autre? Confiance donc, confiance' ! »

Sa joie grandissait aussi à mesure qu'il approchait de la béatitude. Il disait aux novices, un jour de carême, en 1849 : « Nous avons fait récemment le dimanche de Lœtare. Eh bien ! malgré ce temps de calamités publiques, réjouissons-nous! Je viens donc vous parler de la joie, mes bonnes filles. Vous en trouverez le sujet dans ces trois mots que vous répétez souvent : Je crois, j'espère, j'aime! Je crois en un Dieu qui est mon bon Père et qui chérit son enfant: ainsi lœlare! J'espère en une grâce qui me conduira à ma perfection ici-bas, et en une gloire qui fera ma félicité dans le ciel : ainsi encore lœtare! Enfin , j'aime un Dieu qui est toute beauté, qui est toute bonté, et je sais que je l'aime, puisque, le préférant à tout, j'ai tout quitté pour Lui: ainsi toujours lœtare^/ » Le vieillard promit ensuite de revenir chaque mois entretenir ses enfants ; mais il tomba bientôt dans un état de faiblesse qui ne lui permettait que rarement de sortir.

Au mois de juillet suivant, étant à la campagne, vers la fêle de sahite Madeleine, il écrivit une dernière lettre à la mère générale. Il lui rappelait l'union indissoluble de leurs âmes : « C'est le bon Maître, disait- il, qui les a unies, il y a quarante-huit ans; et c'est Lui qui, en les réunissant dans son divin Cœur, rendra celle union éternelle. Mais en attendant ce moment heureux, il faut, ma chère mère, lui cire unis sur la croix. O vous, qui savez si bien porter la votre , obtenez -moi donc la

1 Juiirii.il, ;w nov. 18iS.

2 Journal de ISV.l. 22 mars

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