‹ Histoire de Madame BaratChapitre 167 sur 311 · L'AUDIENCE DU PAPE PIE IX · texte numérisé non relu

L'AUDIENCE DU PAPE PIE IX

quelques jours que je commence à marcher et à reprendre le travail. On me promène en voilure à un soleil de mai, et c'est ainsi que les forces reviennent peu à peu*. »

Le premier usage qu'elle fit du retour de ses forces fut de se rendre, accompagnée de la mère Prévost et de la mère Cahier, à l'audience de Pie IX, qu'elle vit, ce jour -là, pour la première fois. Quand on est devant Pie IX, on se sent en présence de la plus auguste comme la plus sainte majesté de la terre : ce fut l'impression de M'"® BaraL. « Ma fille, écrivait-elle, le 5 février, à M"'° Giraud , nous avons eu la consolation d'être reçues par le très-saint Père. Quelle douce majesté! quelle bonté! C'est une vive image de Celui qu'il représente, lorsqu'il était sur la terrée » Et dans une autre lettre : « On ne peut réunir autant de bonté, jointe à une dignité remplie de tact et de délicatesse. Sa physionomie porte le calme du ciel. On est heureux d'avoir été quelques instants au près de cette Béatitude : Pie IX justifie bien cette appellation 2. »

Mais d'autres réflexions assombrissaient celte joie : « Que de pensées déchirantes, dit-elle dans une lettre suivante, venaient me fendre le cœur, en me rappelant ce que cette àme sublime^avait souffert. Je pensais à ce qu'elle aura à souffrir encore; car rien, malheureusement, n'est changé dans les idées. Le jour où disparaîtra la force répressive, on retombera dans le chaos de l'anarchie; et celle fois, les ennemis n'épargneront rien dans leur rage. Heureusement, il est un Dieu qui veille

1 A M""^ Dusaussoy, 20 janv. 18yl.

2 Rome, 5 fév.

3 Rome, 10 mars 18ol , à Bourges.

sur les siens. Mettons notre confiance dans sa protection ^ »

Le Pape bénit la supérieure , les religieuses , les novices. Il insista « sur le besoin d'une éducation chrétienne, fondée sur une foi profonde, faute de laquelle, aujourd'hui , les nations se pervertissent d'une si effrayante manière ^ ». L'entendant parler, IM'"^ Prévost croyait entendre Jésus lui-même : « Je me rappelais alors celte parole de Notre -Seigneur, apparu sur le chemin de Pvome, à Ignace de Loyola et à ses compagnons : « Allez , je vous serai favorable dans Rome^. »

M""" Barat sorlit de là encore plus remplie de zèle pour la gloire de Dieu. « A la vue des besoins de notre mère la sainte Église, disait ce grand cœur, on voudrait doubler de travail , et l'étendre dans tout l'univers. Que de succès remporte l'ennemi de Jésus! que de millions d'âmes il enchaîne à son char de perdition ! On ne peut se faire une idée de la défection qui s'étend dans ce pays, autrefois si catholique! Le cœur souffre de ne pouvoir aider à paralyser les efforts de l'enfer. Au moins, chère mère et fille, tachons de dédommager le Cœur de Jésus, en redoublant d'amour et de fidélité. Formons-lui de parfaites religieuses et des apôtres... J'ai eu la consolation de rencontrer cet élan do ferveur dans beaucoup des nôtres que j';ii vues sur la roule*. )>

1 A M. Si. iJusaussoy, 'l'i mars isol.

2 A M"" Gœlz,;; fév. iSÏA.

■i Ilijo vuhia Hoinir propilitts cro. Ribndoncyra. (Lib. Il, c. xi.^ ♦ A M"" Giraud. Hoino, 5 fcv. IKil.

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