LE SEPTIÈME CONSEIL GÉNÉRAL
plan d'études mieux adapté aux nouveaux besoins des temps, rédigé principalement par M"'^ d'Aven as. Il procéda à l'élection des assistantes générales , qui furent M""'' de Charbonnel, Desmarquest et Goppens, auxquelles on ajouta une quatrième mère, M""® Prévost. Enfin , il organisa la répartition des soixante-cinq maisons de la Société en dix vicairies , huit pour les États d'Europe , et deux pour l'Amérique.
Que restait-il à faire à M""® Barat? Elle n'avait jamais cessé de désirer la retraite; mais aujourd'hui son âge, en augmentant ce désir, semblait lui donner le droit de le voir enfin exaucé. Estimant donc sa carrière désormais remplie, elle supplia le Conseil de la remplacer. On ne voulut pas l'entendre. « J'ai demandé en vain, écrivait-elle ensuite à JM""^ Duchesne, qu'on me déchargeât du fardeau porté depuis un demi-siècle : on a été sourd; mais j'ai encore l'espoir que Jésus m'accordera la grâce de mourir hors de cette terrible responsabilité. Aidez- moi, chère mère et fille, à obtenir cette faveur'. »
L'amour de Dieu et l'esprit de zèle et de sacrifice étaient seuls capables de la consoler. « Ah! écrivait-elle à M"''' Emma de Bouchaud, si ce n'était pour Jésus, comme on préférerait un coin noir et tranquille! Comprenez, chère Emma, combien doit coûter une pareille vie, lorsqu'on se destinait au Carmel! Vous êtes dans le même cas, et je vous en félicite : car là vous n'eussiez jamais eu à vous renoncer autant qu'au Sacré-Cœur. Quiconque comprend la rédemption ne dira jamais : C'est assez! dès que les âmes devront être le prix du renon-
1 Paris, 10 fév. 1802.
cément '. » Et dans une autre lettre : « Ne disons jamais : C'est assez! mais unissons -nous à ce cri du Cœur de Jésus: « J'ai soif! » Nous aussi, nous devons souffrir tant que Dieu le voudra, puisque nous ne pouvons sauver des âmes qu'à ce prix- ! »
Ce zèle des ûmcs lui inspira d'adresser aux Enfants de Marie de la ville de Lyon une exhortation dont Tune d'elles nous a transmis le souvenir. Après leur avoir rappelé qu'elles étaient, par leur vocation, les auxiliaires et comme la continuation des religieuses du Sacré-Cœur, pour le salut du monde : « Ce que nous ne pouvons faire, leur dit- elle, renfermées que nous sommes dans nos^ maisons, c'est à vous, Mesdames, qu'il appartient de l'accomplir. Nous vous avons réunies comme une sainte phalange, pour que, nous remplaçant dans le siècle, vous y soyez apôtres par votre exemi)le , et vous gagniez des cœurs à l'amour de Jésus- Christ. » Les félicitant ensuite d'avoir été les premières, en France, à porter ce nom d'Enfants de Marie , elle les conjura d'être toujours les modèles de celles qui les suivraient dans ces voies de vertu solide et conquérantes
Avant de partir de Lyon, M"'*' Barat adressa à sa Société une longue circulaire. Cette lettre avait pour objet de ranimer l'amour du divin Cœur de Jésus : « C'est à cette source de vie qu'il faut recourir sans cesse , écrivait-elle. La dévotion si aimable du sacré Cœur devrait être notre unique passion : les autres dévolions ne viennent (lu'oprès celle-là. Tout en nous et autoui" de nous
1 A M"" Ein. <|.' Ilourlwiud, l'i fév. \Si\2. - A M"" (le I.imiiiiniflii'. Paris, 'Ji ft-v. IKIJ.
3 Noli' df M'"« M.irgcriind, olc, cl archives des Kiifanls de Marie, de Lvon. Dor. 11. (V'i.