PUISSANCE DU COEUR DE JÉSUS
ne la prôche-t-il pas? Ne dirait-on pas que, dans ces temps mallieureux , l'auguste Trinité ne bénit , ne se laisse vaincre qu'au nom de ce Cœur?... C'est aussi par lui, n'en doutez pas, que vous gagnerez les âmes à la piété. C'est de lui que sort ce parfum qui ravissait l'Épouse des Cantiques, de lui que découle cette huile qui se répand, éclaire, pénètre, guérit... Reprenons donc notre élan, mes bonnes filles et mères, pour faire connaître, goûter et glorifier dans tout l'univers, s'il nous est possible, le Cœur adorable de notre Époux ^ ! »
A 'cette époque, la France venait de changer de gouvernement. Le coup d'État du 2 décembre et les soulèvements qui en furent la suite avaient justifié les précautions prises par M""^ Barat, quand elle avait placé le Conseil loin de Paris. A son retour dans cette ville, elle n'en eut pas moins à donner à l'archevêque des explications sur ce point toujours sensible. M*^'' Sibour comprit la droiture de ses intentions. Bien plus, luimême se chargea de demander au gouvernement l'approbation des changements apportés aux statuts; et il obtint, en effet, du Conseil d'État un décret approbatif à la date du 5 août 1853.
Dès ce moment, et pendant plus d'un an et demi, M'"'' Barat demeura dans la maison mère. Elle ne quitta Paris que pour aller chercher quelques jours de paix dans sa bien -aimée solitude de Marmoutier, ou pour aller visiter les principaux noviciats de la Société.
Elle fut à Marmoutier pour la fête de sainte Made-
1 La Ferrandière , 13 déc. 185t. Circul., t. II, p. 49.
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leine, le 22 juillet 1852. C'ctaiL devenu son séjour de prcdilccUon : « Oh! comme je voudrais que Marmoulier pût entrer dans notre enclos de Paris, écrivait- elle un jour, ou plutôt que notre enclos pût se renfermer dans celui de cette terre bénite! Quelle différence avec Paris pour le calme, les souvenirs, enfin pour tant d'autres choses que l'on n'exprime pas, mais qui se sentent vivement!... Paris ressemble à l'exil de Cédar ou de Babylone. Pourtant, il faut s'y trouver bien, puisque notre devoir nous y fixe , tant qu'il plaira à Dieu'. »
Arrivée à Marrpoutier, M"'*' Barat fut prier sur la tombe de son ancienne amie, M"'" Desliayes : « .l'aurais aimé, disait-elle, être enterrée comme elle dans cette grotte de saint Martin Mais que la volonté de Dieu soit faite; trop heureuse encore d'être mise en terre sainte avec les fidèles ! »
Depuis un an environ, ce monastère possédait une autre sainte amie de M""' Barat. La mère Thérèse Maillucheauj après avoir gouverné la maison de Qnimper, commencé la fondation de Nantes et de Bourges, avait été déchargée de la supériorité, et envoyée d'abord comme assistante à la maison de Poitiers, premier et cher berceau de sa vie religieuse. « Oh î que j'envie votre sort, lui écrivait alors sa mère générale; plus de supériorité, beaucoup d'oraison, c'est le paradis de la terre. Ne le trouverai-je jamais? Vous rappelez-vous ce que vous goûtiez si intimement autrefois, dans vos années de lait et de miel? — « Quel heureux étal, disi(V.-vous , «< (jue celui où c'est tout l'aire (jue do ne rien faire, tout << dire qu(^ de se taii'e! » — \'()us y retournerez à ce
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