LA PRÉDICATION DU PÈRE BARRELLE
ciel , veut recevoir ses créatures dans le moule de son Cœur. Il faut que la fonte se fasse ; elle ne peut avoir lieu que dans le creuset du sacrifice, et sous le feu de l'amour. Oh! qu'elle est belle et grande, la nouvelle créature, quand elle porte tous les traits de ce moule divin! » Le Sacré-Cœur, qui venait de perdre le Père Varin, semblait le retrouver dans cet humble religieux, qui disait de lui-même : « Nous venons de terminer notre retraite à Conflans. Tout le monde y a fort contenté Notre-Seigneur, excepté moi, qui suis ennuyeux au possible. » Et dans une autre lettre : « Que de consolations Notre-Seigneur m'a données, cette année, dans les diverses maisons du Sacré-Cœur que j'ai parcourues! Que de grâces je l'y ai vu répandre! Qu'il en soit mille fois béni M »
Quel que fût cependant le zèle de ces auxiliaires, l'esprit, comme la vie du noviciat de Conflans, procédait surtout de la mère Barat. Après avoir donné M""^ Gœlz comme maîtresse à ses blanches, elle leur avait dit : « Moi-même, si je suis quelque chose, je veux m'occuper aussi de mes petites novices. Votre bonne mère Gœtz me tiendra au courant de ce qui vous touche. Chaque fois que je viendrai, j'en verrai quelques-unes; et, s'il faut corriger, eh bien! je corrigerai, mais surtout j'encouragerai. Il faut qu'ici, Jésus soit le maître des cœurs ^ »
Sans revenir ici sur les instructions de M™* Barat, nous observerons seulement que le progrès de l'âge et la méditation avaient élevé son esprit à cette unité de
i Sa Vie, par le P. de Chazournes, t. II, ch. xxxi, al passim. — Et journal du noviciat.
2 19 mars 1847.
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vue qui, selon saint Thomas , est le sommet de Tinteliigence comme celui de la sainteté*. Elle disait aux novices : « A mesure que vous avancerez dans la perfection vous comprendrez que tout, dans la Société, doit être petitesse et grandeur. Tout chez nous doit être petit par l'humilité, grand par la charité^. »
Le devoir de l'humilité, ce n'était pas seulement de s'abaisser, mais de se corriger : * Il ne faut pas croire, mes filles , disait-elle aux novices, qu'en quittant l'habit du monde , vous en ayez dépouillé entièrement les défauts. Le monde vous a peut - être dit en vous voyant entrer au couvent que vous étiez des saintes. Eh bien ! nous mettrons l'éteignoir sur les saintes de paroisse qui se croiraient encore des saintes de communauté. »
Le devoir -de la charité c'était d'aimer Dieu, mais dans le sacrifice : « Aimez, leur disait-elle, et tout renoncement vous deviendra facile. Quand le feu est à la maison , on jette tout par les fenêtres, dit saint François de Sales. Il faut que vous deveniez de vraies saintes : je vous le redirai tant de fois, que vous serez bien forcées de l'être. — Je sais bien, ajoutait-elle, que je répète toujours la même chose. Mais puisqu'il n'y a qu'un Dieu, qu'un Jésus-Christ, qu'une croix, pourrions-nous avoir un autre sujet que celui-là? Ah! puissent tous les hommes le redire sans cesse, et nous-mêmes n'avoir pas d'autre sujet de discours jusiju'au dernier soupir^! »
Elle faisait consister aussi le devoir de la charité
1 t?. Thom. Quœst. de Inlell. anijeloi: