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CHAPITRE III

DEVELOPPEMENT DE LA SOCIETE DANS LES DEUX MONDES De 1851 à 1853

État de l'Europe; période de décadence.— Fondation à Orléans: la Chartreuse, M™" d'Avenas. — Fondation à l'abbaye de Layrac. — Fondation à Moulins; Belle-Croix. — Fondation à Sainl-Brieuc. — Fondations à Saint-Pierre-lès-Calais. — Fondations en Allemagne : à Blumenthal, M™-^ Gertrude de Brou; à Warendorf, pauvreté des commencements. — Essai d'établissement à Saint-Gall. — Fondation à Riedenbourg. — Fondation à Milan. — Essai de réunion à Palma. — Fondation à Armagh, en Irlande; charité du Sacré-Cœur. — Fondation à Dublin. — En Amérique , M"" Duchesne à Saint-Charles. — Fondations à Natchitoches , Bâton-Rouge, Saint-Joseph, Sainte-Marie du Kansas. — La mère Maria Cutts, vicaire du N.-O. — Grand développement dans la vicairie de l'Ouest : Manhattanville, le Sault au Récollet, Éden-Hall, Halifax, Buffalo, le Détroit, Sandwich, London, Albany, Kenwood, Saint-Jean-new-Brunswick. — Direction spirituelle de M"«= Barat. — Mort sainte de M""= Duchesne. — Le Sacré-Cœur pénètre dans l'Amérique du Sud : Santiago du Chili. — L'humilité féconde de M"'e Barat.

Lorsque M'"^ Barat jetait les yeux sur Tétat général de l'Europe, depuis la révolution de 1848, elle voyait s'opérer partout, en dépit du développement de nos progrès matériels , un travail secret de dissolution qui la faisait trembler; et voici, par exemple, ce qu'elle en écrivait, à l'époque des inondations de 1852 : « On di-

rait que les éléments prennent aussi leur part de nos révolutions. Hélas! tout s'avance rapidement vers répoque de la destruction générale, et peu de personnes y pensent. ( >n fonde des empires, on invente mille nouveautés, comme devant toujours vivre, et nous allons à la destruction avec la rapidité des torrents dévastateurs. Nous marchons, nous aussi, avec le fleuve rapide; mais que nos pensées et nos projets sont différents! Nous voulons tâcher de sauver, dans celte course entraînante, quelques âmes qui périraient. Nous devons aussi nous hâter de nous sauver nous-mêmes, car les temps deviennent mauvais. La confiance, la prière, le zèle nous aideront' ! »

C'est ce sauvetage des âmes que nous allons la voir poursuivre dans ce chapitre. La France en fut, comme ordinairement, le principal théâtre; et la première fondation que nous la voyons faire dans cette période est celle d'Orléans.

En 1851, M'"° Barat étant à Rome, M^ Dupanloup lui demanda de doter sa ville épiscopale d'un établissement du Sacré-Cœur. Elle se rendit d'autant plus facilement à son désir, qu'elle vénérait en lui un maître et un patron de l'éducation chrétienne. Elle écrivit donc de Rome à M'"" d'Avenas : « C'est une fondation que je souhaile vivement. Vous en serez supérieure. Outre l'éducation, vous y guiderez les retraites pour les dames du monde, et Monseigneur m'a dit que la bonne société d'Orléans avait déjà cette sainte coutume*. »

Le lieu dont on fit choix pour le Sacré-Cœur étail un

• A M"" de Bosredonl. Paris, 2 déc. 18Ji2. 2 Rome, 20janv. 1851.

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