FONDATION A LAYRAC
dans le haut ; mais le reste était grandiose. Assise sur le penchant d'un coteau, d'où la vue embrasse des horizons variés, baignée au nord par le Gers, et dominant la riche plaine de la Garonne, l'abbaye était entourée de beaux cloîtres. On y avait précédemment établi un collège , qui avait donné d'excellents chrétiens à toute la contrée; mais de graves embarras étant survenus , M^' de Vezins l'offrit au Sacré-Cœur. M™^ Barat l'acquit; la digne mère de Brive en fut nommée supérieure, et au mois d'août 1851, le Sacré- Cœur compta une famille de plus.
« C'est une année de croix que celle qui s'ouvre pour nous, écrivait M™^ Barat dans les premiers mois de 1852. Je ne puis vous dire ce que j'ai à souffrir de toutes parts ^ » Une des plus lourdes croix de la mère générale fut la suppression de deux de ses maisons. On ferma celle du Mans à la fm de l'année 1852; celle d'Autun ne tarda pas à subir un pareil sort. Mais la ruine du Mans ne devait pas être sans retour : les familles la déploraient, les souvenirs de la sainte mère de Gram.ont d'Aster protestaient contre elle ; et, du côté de la terre comme du côté du ciel , on voyait poindre l'espérance d'une résurrection, qui vient de s'accomplir.
La religieuse que M""" Barat avait chargée de conclure la suppression du Mans étaif la mère Louise de Lemps. Elle l'en consola en lui écrivant : « Je vous destine, en retour, une mission très -importante. Elle donnera, il est vrai, bien des tribulations avant de réussir; n'importe, Dieu nous aidera. En attendant, allez vous reposer auprès de la grotte de saint Martin; vivez là dans
1 A M""' de Limminghe. Paris, 2'i fév. 1852.