MADAME GERTRUDE DE RROU
27 décembre 1833. Un esprit solide, un caraclère calme et imperturbable, une rare prudence, la firent nommer successivement sous -maîtresse des novices à Montet, assistante de M'"** Eugénie de Gramont à la rue de Varennes, supérieure à Tours, puis à Jette- Saint-Pierre. M™^ Barat considérant en elle une de ces âmes mères visiblement destinées à en enfanter un grand nombre d'autres, avait mis ses soins à la former à la vie intérieure : « C'est au prix des combats contre la vie naturelle que Noire-Seigneur Jésus-Christ devient maître d'un cœur! lui écrivait -elle. Oh! qu'on est heureux alors de le posséder! Dulcis hospes animœ. Comprenez-le, chère Gertrude, et devenez intérieure, à quelque prix que ce soit^ » Elle l'avait ensuite formée au gouvernement. Elle lui écrivait : « Ah ! comme une supérieure doit veiller, exhorter, reprendre! Elle doit toujours être comme le chien vigilant qui dort les yeux ouverts. Encore faut-il, ma fille, exercer celte vigilance avec calme et charité, douceur et fermeté. Que toutes sachent que vous les aimez, et que vous n'exigez que le bien. Toutefois, éloignez-les de vous humainement; qu'elles ne s'attachent qu'à Jésus, et cela en voyant en vous , s'il était possible , un autre Jésus. Cette céleste transformation aura lieu, ma fille, si, douce et humble de Cœur, vous ne voyez et ne cherchez que les intérêts de la gloire de Dieu^ » Nous trouvons la réponse à ces exhortations de la mère générale dans ces résolutions de la mère Gertrude : « Jésus, est moins supérieur qu'il n'est père, mère, ami. Comman-
1 Rome, 25 mai 1839.
2 Paris, 25fév. 1847. — 24 déc. \Kiii.
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der comme Jésus, diriger comme Jésus, reprendre comme Jésus, menacer même au besoin et punir comme Jésus : tel sera l'objet de mon examen, car tel est mon devoir ^ »
La mère Barat, en lui confiant la fondation de Blumen- Ihal, lui adressa les sages instructions suivantes ; « Ma fille, que Ton procède doucement et secrètement le plus possible, sans bruit et sans éclat; puis pauvrement et avec simplicité.Voilà mes intentions ; prenez sur vous, ma fille, de les faire observer ^.. » Des religieuses récemment expulsées d'Italie vinrent accroître les forces de la communauté, à mesure que ses travaux se multiplaient. Dès 1849, soixante élèves étaient acquises au pensionnat, et cent soixante enfants aux écoles gratuites. « Fruit de neuf années de désirs de notre première mère, disaient alors les lettres de Blumenthal , et enfantée au moment où son cœur était, comme celui de Jésus, crucifié par la perte de ses maisons d'Italie , notre petite fondation est heureuse de lui donner le consolant espoir qu'elle portera , dans les deux royaumes limitrophes, la connaissance et la gloire du sacré Cœur de Jésus parmi tant d'âmes de protestantes qui ne le connaissent pas '. »
Ainsi, dans la pensée de la mère et de ses filles, Blumenthal n'était qu'une porte ouverte sur TAllemagne, où la Société devait pénétrer au premier signal de Dieu. Ce signal se fit entendre dans la Weslphalie. A Warendorf, sur l'Ems, à six lieues de Munster, une pauvre masure, abritant une quinzaine d'orphefines et un nombre égal d'orphelins, fui offerte au Sarré-
1 St?s résolutions, 2 juin IHVi. Utir. ann. d.; 1863-1865, y. A\.
2 Paris, 17 janv. I8'i8.
3 I.<-th\ ann. 18VJ. Hlumenlhal , p. lOÎ.