II
43i HISTOIRE DE MADAME BARAT
la rendra. Notre-Seigneur veut être prié, eh bien! demandons-lui une guérison toute de miracle; je pars avec l'espoir dans le cœur. » Elle retourna aussitôt auprès de son amie. Soudain celle-ci ouvre les yeux, lui tend la main, et même profère quelques mots pour lui témoigner sa reconnaissance. « Nous nous reverrons, » répondit M""^ Barat avec une assurance extraordinaire. En effet, le mieux se soutint, tout danger disparut: la pieuse mère élait guérie.
Le 8 mai, M""' Barat revint à Gonflans se réjouir de ce bienfait. « Je voudrais être Josué, disait-elle aux novices, afin de prolonger mon séjour parmi vous. » Elle s'étendit sur la prière : « Soyez comme des palmiers qui couvrent la terre de leur ombre, mais en commençant par dresser leur tète dans le ciel; on oblient tout du ciel. On dirait que Dieu lui-même est sans résistance devant une prière fervente. Donc priez, mes chères filles; vous voyez bien d'ailleurs que c'est à vos prières que nous devons la santé de votre bonne mère Desmarquest^ »
Gonflans n'avait reconquis cette vénérable assistante que pour la voir s'éloigner. M"'" Barat disposa d'avance les novices à ce sacrifice. Le 21 juillet, veille de sainte Madeleine, celles-ci lui ayantoiïert, avec leur bouquet de fêle, un calice en vermeil : « Vous avez bien raison, mes enfants, leur dit-elle, de ne m'oflVir des Heurs qu'à côté du calice : c'est comme cela seulement qu'on peut les recevoir. Le calice se présente sans cesse à nous sur celle terre; prenons-le avec courage, et au fond de la coupe
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