‹ Histoire de Madame BaratChapitre 208 sur 311 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'œuvre de la probation l'affection de la mère barat pour ses filles

Puissance de la Probation. — L'admission à la Probation. — L'œuvre de la Probation : réparer, préparer. — Exhortations deM™^ Barat; caractère de sa spiritualité. — Ses conférences. — La profession. — Derniers avis de M"« Barat. — L'éclat de sa sainteté. — Son aiïection pour ses filles. — Sa correspondance; son accueil; sa charité secourable. — Son soin pour la santé de ses filles. — Sa charité pour ses filles malades. — Son intérêt pour leurs familles. — Elle pleure les parents de ses filles. — Sa compassion pour leurs peines intérieures. — Sa prédilection pour les sœurs coadjutrices. — Son respect de leur état; son affection; douceur de son commandement. — Son soin charitable des sœurs malades. — Combien M"" Barat fut aimée. — Son généreux détachement. — Dieu seul aimable.

Nous avons déjà dit, au précédent volume, ce qu'était la Probation. Nous avons observé de quelle utilité étaient pour Taspirante ces six mois de retraite, pendant lesquels, rappelée de sa résidence ordinaire, déchargée de ses fonctions et rendue plus présente à Dieu et à son âme, elle rentre, comme le veut saint Ignace, « à Técole du Cœur, réformant, conformant, transformant ses affections »; et, à l'exemple de Notre- Seigneur, s'enfermant dans le désert, vers l'âge de trente ans , avant de se jeter comme lui dans la vie de combat.

Mais ce que nous n'avons, pas dit suffisamment encore, c'est la force que donne à la Société cette réunion d'âmes qui reviennent se retremper aux sources mêmes de l'Institut, sous le regard et la conduite de leurs premières mères. Arrivant des points les plus opposés, non-seulement de la France, mais de l'Italie, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, de la Hollande, de l'Afrique et des deux Amériques, elles en apportent souvent des formes d'esprit aussi diverses que les langues qu'elles parlent. Ce pourrait être une Babel que ce rassemblement : les six mois de la probation en feront une Pentecôte. La même règle , les mêmes lectures, les mêmes instructions, les mêmes prières surtout, seront autant de moyens journaliers et continuels d'assimilation. Jetées une seconde fois et définitivement, à la veille des derniers vœux, dans le moule puissant des constitutions, toutes ces sœurs en ressortiront dans une parfaite harmonie et une invariable unité. On verra peu à peu les dissemblances disparaître, les oppositions de nature s'effacer sous l'action de la grâce et de la vie commune : ce sera une refonte complète. Désormais il n'y aura plus ni Juif, ni Gentil, ni Grec, ni Barbare, il n'y aura plus que des religieuses du Sacré- Cœur. Une seule foi, une seule loi, un seul gouvernement, un seul et même esprit, un intérêt unique, et, pour tout dire en un mot, un seul cœur et une seule âme : voilà la grande puissance de la Société , et c'est surtout l'ouvrage de la Probation.

M*"" Barat n'y admettait que celles de ses filles qui, depuis cinq ans au moins, marchaient résolument dans les vertus de leur état : « Les retanlalairos, disait-elle, sont ma plus rudo croix... Aussi pas de probation, point

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