‹ Histoire de Madame BaratChapitre 212 sur 311 · SA CHARITÉ POUR SES FILLES · texte numérisé non relu

SA CHARITÉ POUR SES FILLES

L'humilité la disposait à la charité : ce sont des âmes si prêtes à se sacrifier aux autres, que les âmes détachées et oublieuses d'elles-mêmes! Elle aimait, par exemple, le soir, au sortir de la salle de communauté, à se saisir du flambeau, et à se poster sur le passage de ses filles pour les éclairer. En vain chacune, en passant, lui demandait en grâce de la remplacer : « Non, disait -elle, j'ai lu quelque part que sainte Thérèse ne se couchait jamais sans avoir fait au moins un acte de charité. Eh bien ! voici le premier que je fais aujourd'hui^ »

La bonté de M""* Barat était une bonté compatissante, secourable, embrassant tous les besoins comme toutes les souffrances, du corps, du cœur, de l'âme de chacune de ses filles.

Elle avait pour le corps, pour la santé de ses religieuses , une sollicitude inquiète ; voici d'abord quelles règles elle donnait à cet égard : « Dieu veut qu'on se soigne un peu. Hélas! il faut convenir que les saints de ce siècle sont différents de ceux qui ont précédé. Les bonnes santés pouvaient soutenir de grandes fatigues, d'énormes macérations. Nous faisons presque le contraire, du moins pour ce qui regarde le corps. Et comme l'Auteur de la sainteté opère toujours pareillement et par le même esprit, il faut donner d'un côté ce qui manque de l'autre, en redoublant d'humilité, de douceur, de support, de patience, et le reste. Nos devanciers négociaient la sainteté en gros , il ne nous reste que le détail. Si nous savions le ménager, nous aurions de quoi nous enrichir encore; et avec plus de

1 Tém. de M'»» Uranie Duval, n. 88.

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