II
sûreté; car, qu'aurait à faire l'orgueil, dans une manière de vivre sinnple, humilie et commune^? » A une autre de ses filles, habituellement souffrante : « En travaillant à votre âme, tâchez aussi, ma chère fille, de conforter votre corps ; car j'ose vous dire, comme l'ange à Elle : « Levez-vous et mangez, il vous reste encore « un grand chemin à faire. » Le bon Maître renouvellera votre vie comme celle de l'aigle, si vous savez vous jeter dans le foyer ardent du sacré Cœur de Jésus*. » La gaieté, l'humilité, l'autorité, la religion, ont inspiré cette autre recommandation : « Soignez-vous donc, ma fille, comme une petite- maîtresse , ou plutôt comme une enfant d'obéissance, à l'égard de la très-pauvre mère que Dieu vous a donnée : avec la foi, c'est Jésus^ »
Ces soins, ces précautions qu'elle recommandait aux autres, elle les avait elle-même pour la santé de ses filles : on en cite mille exemples. Tantôt elle se dépouille de son châle, l'hiver, pour le faire porter à une religieuse qu'elle voit marcher sur la neige dans le jardin de Gonflans : « Ah! je ne puis supporter de rester ain^Ji bien couverte et bien chauffée, tandis que cette pauvre mère doit mourir de froid. Allez lui mettre ce châle; dites-lui que je le veux*.» Tantôt une novice, écrivant en hiver sur le carreau nu, sent glisser sous ses pieds un paillasson apporté par la mère générale, qui aussitôt se dérobe à ses remercîmenls. Tantôt deux autres religieuses, à genoux dans la chapelle, à terre, sans appui, voient se placer devant elles deux
« A M™' de Hozcville. Home, 27 juin ls:t7.
2 A M"" Vicl. Paranquc, 10 ocl. 1837. — llcm, i\ M"' de l.iminingho, 2 août 1«?)9.
3 A M- «l.- l.iimnitiKlie. l'uris, 21 janv. Is58. * Nolende M l- l..'in|.s. Une. n. iiC, |.. 3t<.