LES PARENTS DE SES FILLES
dieux de Jésus leur relourà Lui avant de quitter cette terre de scandale. Combien d'âmes en sont là! Mais, à mesure que les hommes deviennent plus méchants , Jésus étend avec une plus ample libéralité ses miséricordes sur les pécheurs. Combien de conversions sont accordées par le Cœur sacré de Jésus! Failes parvenir vos prières à ce Cœur adorable par sa bien-aimée servante, Marguerite -Marie. Son céleste Époux ne saurait rien lui refuser : elle a déjà tant obtenu de son Cœur^ »
Non contente de prier, M™'' Barat souffrait pour ces précieuses âmes. « Ayant confié à ma mère , rapporte une religieuse, la peine que j'éprouvais de l'éloignement de Dieu où se trouvaient plusieurs personnes que je chérissais : « Consolez- vous, me dit-elle, il y a dans ces « personnes de précieuses qualités. Elles reviendront « à Dieu; je vous le promets, ma fille, je ferai quelque « chose pour elles; je ne dis pas ce que c'est, mais « soyez assurée que je ne les oublierai pas. » On ne sait ce qu'elle fit, mais ces personnes chères revinrent à Dieu ^ »
Lorsque M"® Barat apprenait qu'une de ses filles venait de perdre ses parents, sa foi et sa charité trouvaient les expressions les plus affectueuses, pour lui rappeler qu'elle avait encore une mère sur la terre, comme un Père dans le ciel. Une religieuse récemment réunie au Sacré-Cœur, — c'était M"'® de Lemps, — reçoit la nouvelle de la mort de son père, durant un séjour qu'elle faisait à Paris. M™^ Barat l'appelle pour la consoler; elle apprend alors que peu de temps aupa-
1 Paris, 12 mars 1864.
2 Tém. n. 69.
ravant la môme religieuse a perdu sa mère. Aussitôt la supérieure, la pressant dans ses bras: « Ah! ma fille, lui dit-elle, je veux être désormais votre père et votre mère ^ ! » Les lettres de M""" Barat sont pleines des paroles de foi et d'affection qu'elle adressait à ses religieuses, dans des deuils semblables.
M"'® Barat ne manquait pas de recommander à ses religieuses l'âme des parents de leurs sœurs. « Il ne faut pas, disait- elle aux novices, que les parents des nôtres restent en purgatoire plus de vingt-quatre heures : le temps d'apprendre leur mort et de les délivrer par la communion. » Un aveu qui lui échappa un jour laissa deviner de quelle efficacité étaient ses propres prières pour ces chères âmes. « A la mort de mon père, raconte une de ses religieuses, devinant la peine particulière que notre mère générale en ressentirait pour de certaines causes, je ne jugeai pas opportun de la lui faire connaître. Quelques mois après. M""® Barat, visitant la maison oiî je me trouvais, me dit en particulier : « Vous ne m'avez pas écrit, mon « enfant, pour m'annonccr la mort de votre père : vous « êtes cause qu'il est resté i)lus longtemps en purga- « toire, car j'aurais prié pour lui... » Puis elle ajouta : « Depuis que je le sais, j'ai prié pour sa délivrance : « maintenant il n'y est plus. » Au cri que je poussai, M™* Barat comprit qu'elle en avait trop dit; elle se lut aussitôt, et, malgré mon insistance, je ne parvins à en tirer aucune explication. »
Si les souHrances du corps, si les chagrins du cœur excitaient à ce point sa compassion charitable,
' Tëm. dfi M"" de Lemps. Doc. n. Kfi. p. :\^.