‹ Histoire de Madame BaratChapitre 227 sur 311 · II · texte numérisé non relu

II

excellente ouvrière de Dieu. Voici, par exemple, comment elle avertit une supérieure d'Amiens du changement projeté de son assistante : « 11 nous faut pour Berry-Mead une personne mûre, solide, foncièrement religieuse, calme, — les Anglais n'en goûteraient pas d'autre trempe, — enfin qui soit toute à la Société. Eh bien, cette personne, je n'ai pu la trouver que chez vous... Mais, je le sens, je vous ôle votre appui, votre espoir, votre consolation... Comprenez mon ennui de vous faire du chagrin. Dites-moi, chère mère et fille, ce sacrifice ne vous coûte-t-il pas trop? Il sera, je le sens, le prix et le fruit de votre retraite. Auparavant, j'aurais eu de la peine à vous le proposer. Mais maintenant que nous avons médité que Dieu est tout et que la créature n'est rien, que tardons-nous à pratiquer la générosité *? » Jamais M'"'' Barat n'envoyait une de ses filles dans un poste difficile sans la consoler, sans la fortifier; « Notre mère m'ayanl fait venir, raconte l'une d'elles, s'excusa de me confier une fondation lointaine (la fondation de Lemberg). Après qu'elle m'eut fait cette proposition, voyant que je ne répondais rien, elle leva les yeux sur moi ; les miens étaient i)leins de larmes: « Rassurez- vous, me dil-elle, vous ne serez « pas abandonnée à vous-même. Xolre-Seigneur fera « ce que je ne i)Ourrai pas faire : il me remplacera... « Ayez donc confiance, et laissez- vous conduire par le « Cœur de Jésus. Il vous bénira comme moi je vous « bénis! » En eiïel, elle me donna sa bénédiction, et je me relirai pleine de foi dans ses paroles : c'était une vraie prophétie ipie j'emportais dans mon cci-ur*. »

» A M"" de Hozoville. l.a l'errandiôrc, 1" ocl. 18i2.

2 LeUr.; de M"" M;iiic d.> lu Croix. Monleonx, 7 aoftl 18tV5.

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