‹ Histoire de Madame BaratChapitre 24 sur 311 · ELLE EST GUÉRIE A TURIN · texte numérisé non relu

ELLE EST GUÉRIE A TURIN

sa pureté ! Et je puis ajouter dans cette maison où la sainte Vierge est aimée par-dessus tout. Aussi, comme elle la protège! On le voit à la ferveur qui l'anime, et aux dons qui se répandent sur elle ' ! »

Le docteur signa un acte authentique de cette guérison, dans lequel il déclarait n'avoir été que l'instrument de la puissance divine. M™'' Barat, délivrée pour toujours de ses béquilles, voulut reconnaître solennellement à quelle intercession elle en était redevable, et, accompagnée de M'"® de Limminghe, elle se rendit à la villa de la marquise de Barol, où elle suspendit un exvoto commémoratif devant l'autel de la Mère de Dieu.

Cette villa, située à une lieue de Turin et nommée le Casino, avait été cédée aux religieuses du Sacré- Coeur par leur noble bienfaitrice. Elle devint la résidence préférée de M'"" Barat. C'était un de ces lieux dont Vlmitalion a dit que « l'air y est plus pur, l'âme plus libre, le ciel plus proche, et Dieu plus famiUer. » — « Rien n'est plus solitaire, raconte la sainte recluse, que cette superbe campagne où nos religieuses s'établissent l'été avec leurs enfants. C'est une terre peu étendue, mais où tout est magnifique, la culture, les dispositions, les bâtiments et les promenades ^ » — Et dans une autre lettre : « Le château est magnifique; les allées d'arbres surpassent bien en étendue celles de notre maison de Paris. Elles coupent des prés admirables qu'arrosent des cours d'eau. On y voit une serre si grande que l'ancien propriétaire s'y promenait à cheval. Les arbres verts y sont en grande quantité, et si

1 A M""= Emilie Giraud, 17 juin.

3 A M"'" Grosier, 2 juillet 1832.

élevés que je ne me rappelle pas en avoir vu jamais avec des cimes si hautes. C'est une solitude délicieuse, on n'y entend que les rossignols. Combien je désirerais vous y voir près de moi ' ! »

C'est là que M""^ Barat songea à faire sa retraite. « Je la commencerai le 15 juillet, écrivit-elle à M™° Grosier, et j'y serai encore le jour de sainte Madeleine. Je suis heureuse de célébrer sa fôte dans une sainle Baume. »

Une retraite en un tel lieu, au lendemain de telles grâces, porta des flots de lumière dans l'âme de M'"° Barat, sur elle-même, sur Dieu, sur l'éternité. « Ma chère Henriette, écrivait-elle à la même religieuse, j'ai découvert dans ma retraite encore plus de besoins et de misères en moi. Que l'œil de Dieu est scrutateur ! Et qui pourrait le soutenir si le voile de sa miséricorde ne venait en diminuer l'éclat*? » — Alors, de la crainte elle s'élevait à l'amour, par le chemin de la croix : « Nous souffrons, mon Emilie, c'est notre consolation, écrivait-elle vers ce temps à M""" Giraud ; quelle meilleure preuve d'amour Dieu peut- il nous donner, que le présent de la souffrance? J'envie le sort des femmes fortes et véritablement remplies de l'amour pur'. » — Puis, l'amour et la croix s'unissant chez elle dans une môme pensée : « Aimer Dieu seul et la croix! Ah! insensés serions- nous, si nous voulions autre chose! Pourrionsnous sans cela entrer dans le Cœur de Jésus? Trouverions-nous ailleurs la paix et le repos? Erreur! erreur! Mais hélas! ma fille, peu se livrent entièrement à l'Esprit-Saint... l"t cependant, croyez-le, il en coule

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