LE HUITIÈME CONSEIL GÉNÉRAL
De 1&39 à 1864.
La guerre d'Italie et ses résultats. — Le Sacré-Cœur est expulsé de Milan et de Parme. — Sollicitudes et prières de M™* Barat pour le pape. — Attentat de Caslelfidardo ; proscription de maisons de Lorelte , de Saint-Elpidio et de Pérouse. — L'Eglise immortelle. — Saintes immolations dans la Société. — Mort de M'"^ Goppens, de M'"'^ Emma de Bouchaud, etc. — Union de M"" Barat à Jésus crucifié. — La guerre d'Amérique; inquiétude de la mère générale. — Convocation du huitième conseil général. — M'"^ Barat l'anime de son esprit. — Ses institutions. — M™' Gœtz est élue assistante générale. — M™= Barat présente sa démission. — Elle nomme M"^ Gœtz sa vicaire générale. — Etat général de la Sociélé. — Clôture du conseil. — Fête de sainte Madeleine, marquée parla charité de M™« Barat. — Les adieux du conseil.
Il y aura dans Thistoire de noire siècle une date à jamais néfaste. C'est celle du jour malheureux où , sous de beaux prétextes, la France passant les Alpes s'en alla déchaîner la révolution , ébranler les assises sécu-
laires de la clirclienlë , encourager, armer les puissances mauvaises, et par suite attirer sur l'Eglise, la société et elle-même, un déluge de maux. La clef de voûte de l'autorité une fois ébranlée à Home , on allait voir se désagréger partout l'édifice de l'ordre et s'y produire des brèches par où l'ennemi devait porter le fer et le feu! Nous avons vu ces maux; nous en souffrirons longtemps; tous les saints en ont gémi. Ce fut une des souffrances de M™'^ Barat, souffrance féconde toutefois et qui consomme sa sainteté, pareille à ces orages qui, à l'automne, achèvent de mûrir les fruits. Le Seigneur, il est vrai, épargna à sa servante de voir les extrémités où nous en sommes venus. Mais, dès le principe de cette guerre, elle ne s'était nullement méprise sur les résultats. Parmi l'éclat de nos victoires, elle avait dénoncé le péril que couraient l'Eglise et sa Société; et voici ce qu'elle disait le jour de sainte Madeleine 18o9 : « Mes filles, tenez- vous fermes contre les efforts de l'ennemi de tout bien. En ce moment, voyez comme il s'arme de toutes ses ruses contre l'Église! ce serait à faire trembler, sans ces paroles de Jésus-Christ : « Vous êtes Pierre , et sur cette pierre je « bâtirai mon Eglise, et les portes de la mort ne pré- 1 vaudront pas contre elle. » Quant à nous, filles de l'Eglise, nous tiendrons à honneur de partager son sort; et le sort de l'Eglise est celui de Jésus-Christ pendant sa vie entière. Notre Société n'en doit point attendre de meilleur; et si le vaisseau de Pierre est ballotté pai- la tempête, nous (jui sommes la iictil»bar(iue attachée à ce vaisseau , nous devrons nécessairement en ressentir les secousses'. »
« Joui liai ilc \n l'rtili.ilinn . 'JJ juilh'l IKi'.l. |'. titil.