CONVOCATION DU CONSEIL GÉNÉRAL
légué. » Dans l'éducation il s'agissait de mettre le plan d'études et les méthodes d'enseignement en harmonie avec les tendances et les besoins légitimes du siècle. Enfin il s'agissait de compléter les rouages de l'administration, en comblant p3r l'élection les vides que la mort avait faits dans les rangs du Conseil « Je n'aurai plus alors, ajoutait la supérieure, qu'à dire le cantique du saint vieillard Siméon; car, en voyant le dépôt que Jésus a daigné me confier gardé par des âmes si désireuses de le conserver intact, je pourrai considérer ma mission comme terminée, espérer que mes fautes seront réparées dans l'avenir, et le bon Maître glorifiée » Dans les lettres intimes, expliquant davantage sa pensée, elle disait : « La dernière secousse que je viens de subir m'a vieillie sensiblement. J'approche du terme; il serait plus que temps de me laisser enfin un peu de repos. Priez à cette intention^. »
La supérieure, âgée de plus de quatre-vingt-quatre ans, sembla se rajeunir pour cette grande réunion. Le 22 mai, elle disait à ses filles : « Les jambes, la voix me manquent, la vue même veut s'en aller : la pauvre machine se démonte pièce à pièce; mais qu'est-ce que cela ferait, si l'âme, rassemblant toute sa vigueur, pouvait devenir d'autant plus forte que le corps s'affaiblit davantage? » Et, par un geste expressif, elle portait la main à son cœur, comme si elle eût voulu en accélérer les mouvements et les élever au ciel, où se portait son regard.
1 Circul. du 10 mars 1864.
2 A M'"= Harcley. Paris, 28 avril I8i;i.
Le jour de la l'èle du Sacré-Cœur de Jésus, elle renouvela ses vœux avec la communauté pour la dernière fois: « Notre course s'avance, dit-elle voici le ternie qui approche, redoublons d'ardeur... Plus le soleil penche vers son couchant , plus nombreux sont les pays qu'il a éclairés et vivifiés de ses feux. Ainsi devrionsnous, au déclin de notre vie, avoir gagné à Jésus un plus grand nombre d'âmes. Il est vrai que les croix ne nous ont pas manqué. D'autres sont peut-être réservées à notre petite Société; mais ne perdons pas courage, Dieu la soutiendra! »
Le huitième Conseil général du Sacré-Cœur s'ouvrit le 17 juin 1864. M""^ Barat en fut l'ànie, présidant toutes les séances, y soufflant son esprit, mais s'effaçant néanmoins par une humble discrétion derrière l'action du Conseil, comme pour habituer la Société à se passer d'elle désormais.
Conformément à ses plans, on décréta la création d'une sorte d'école normale, appelée Juvénal , par où les religieuses destinées à l'enseignement devaient passer au sortir de leur noviciat, pour compléter leurs études et se former aux méthodes de l'éducation. Le temps manqua à la mère fondatrice pour voir fonctionner cette institution ; mais elle procède d'elle, et c'est un de ses legs à la Société.
Une autre pensée de zèle fit émettre le vœu que les maisons du Sacré-Cœur situées à la campagne possédassent une annexe dans la ville la plus voisine, soit l>our y recevoir les ])lus jeunes t-nfants, soit pour y réunir les dames Enfants de Mario. L'essai existant à Marseille depuis l'année 1853 servit de type à ces sortes d'élablissemciits.