‹ Histoire de Madame BaratChapitre 259 sur 311 · LA CHARITÉ COURONNE LA FÊTE · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ COURONNE LA FÊTE

science. Il lisait de bons livres qu'elle lui procurait; il accompagnait son épouse à la messe : la foi lui revenait par la main de la charité.

Sur ces entrefaites arriva la solennité de la sainte Madeleine. Ce jour-là, la mère générale fit remettre à Clotilde un élégant chapeau avec une somme destinée à retirer du Mont- de -Piété les derniers effets engagés par sa pauvre enfant. Le matin, mari et femme avaient assisté à la messe pour leur bienfaitrice. Le mari y pria ; Clotilde y communia. Dans la soirée, elle vint remercier la mère Barat : c'était la première fois qu'elle osait la revoir depuis ses jours de détresse. Suffoquée par l'émotion, la jeune femme ne sut que couvrir ses mains vénérables de baisers et de larmes. La fête était complète pour M'"'' Barat ^

Après cette belle journée, les conseillères se séparèrent. Les adieux furent pénibles : plusieurs comprenaient qu'elles quittaient leur supérieure pour ne plus la revoir. Mais l'œuvre commune était faite, et désormais la fondatrice eût pu dire avec l'Apôtre, si son humilité le lui eiit permis : « J'ai combattu le bon combat, j'ai parcouru la carrière, j'ai gardé la foi. Il ne me reste plus qu'à aller recevoir la couronne de justice que me réserve pour le grand jour l'équité de mon Juge. »

Avant de la voir atteindre cette juste récompense, arrêtons- nous un peu à considérer dans un portrait général l'âme de M""" i3arat, telle que l'amour et la grâce l'avaient faite à la fin de ses jours.

1 Tém. de M"" Marie du Chélas, n. 30.

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