‹ Histoire de Madame BaratChapitre 260 sur 311 · CONSOMMATION DE LA SAINTETÉ DE M™^ BARAT SON AMOUR DE DIEU · texte numérisé non relu

CONSOMMATION DE LA SAINTETÉ DE M™^ BARAT SON AMOUR DE DIEU

L'amour de Dieu est toute la vie de M™' Barat. — L'ascension de l'amour par le dépouillement. — Pauvreté de M'"'^ Barat dans ses meubles, ses vêtements, ses habitudes. — Mortification corporelle de M™« Barat, ses disciplines, ses austérités et privations. — Humilité de M'"= Barat, ses maximes, ses réponses, son horreur des louanges. — L'amour de Dieu dans M"" Barat, ses élans sur toute chose, son oraison, son recueillement en Dieu, son union à tous les mystères de la vie de Jésus. — Ses confessions, ses communions, son action de grâces. — Sa dévotion à Marie, les anges et les saints, Jésus aimable et aimé par dessus tout le reste.

Nous lisons dans une lettre de M""* Bai^at, écrite au printemps de 1859 : « Il se fait tard pour nous. Le soleil de notre vie est plus que sur son déclin : imitons cet astre bienfaisant. Lorsqu'il s'abaisse sur l'horizon , près de le quitter, ses feux semblent se ranimer en lançant une lumière plus vive. Qu'il en soit de même pour nous^ »

Il en fut ainsi de M'"^ Barat. Sa vieillesse eut le doux éclat du soir d'un beau jour. L'amour divin l'illumine. Centime et mobile de toute son existence, il

1 A M""» Granon. Paris, 15 mai 1839.

lui fait tout mépriser de ce qui n'est pas Dieu, il lui fait aimer Dieu par- dessus loules choses, il lui fait tout aimer pour l'amour de Lui. C'est celle ascension de l'amour, ce sommet de l'amour, celte effusion de l'amour que nous allons considérer dans M"" Barat.

Plus un sainl se rapproche du ciel, plus grand est son délachementdes choses de la terre. On observait de plus en plus celte disposition dans les habitudes de la servante de Dieu. « Peu de chose suffit au sage, avait-elle coutume de dire; moins encore suffit aux saints. » Tout ce qui l'entourait, tout ce qui était à son usage portait le cachet de la pauvreté religieuse. La chambre qu'elle habitait, son cabinet de travail étaient si modestes, qu'un jour une princesse, admise à les visiter, n'en pouvait croire ses yeux. « Quoi! disait-elle, est-ce là l'appartement d'une supérieure générale ! » Une simple table avec un petit pupitre portatif et quelques chaises de paille en composaient l'ameublement; un crucifix et une image de Marie en étaient la parure. Elle ne voulait rien davantage. Un prêtre lui ayant légué une croix d'un beau travail : « Je la donne à Beauvais comme souvenir de ce digne prêtre, s'empressa-t-elle d'écrire; ne me l'apportez donc pas, je ne saurais où la mettre, ne voulant rien dans ma chambre qu'un crucifix trèssimple. »

En dehors du nécessaire, tout ce que ralïoction prévenante de ses filles lui offrait de trop recherché, de trop commode, de troji riche était aimablement condamné ou impitoyablement refusé. A l'une d'elles qui lui avait conlectionné un sac de voyage brodé en tapisserie : « J'ai reconnu les sontimeiils qui vous ont fait agir, mais je vous aime Irop dans le Seigneur pour

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