‹ Histoire de Madame BaratChapitre 272 sur 311 · ELLE HONORE LE PAUVKE · texte numérisé non relu

ELLE HONORE LE PAUVKE

instant après, ayant été appelée par une petite charbonnière, elle quitta tout à Tinstant , et vint recevoir l'enfant dans le petit salon, où elle se mit en devoir de la catéchiser, comme si elle n'avait pas à s'occuper d'autre chose'. Une autre fois M""® Barat, épuisée de fatigue, avait eu le regret de ne pouvoir recevoir une pieuse princesse romaine. Mais bientôt elle se rappelle qu'elle a promis une visite aux pauvres lessiveuses employées dans la maison; alors elle va vers elles, et retrouve des forces pour leur adresser à chacune une parole du cœur. « Ah! ma mère, dit une de ses filles, qu'il fait bon avec vous d'être pauvre et petitM »

Mais ce n'était pas assez de respecter le pauvre , M"*^ Barat l'aimait. A commencer par ceux qui la servaient ou l'approchaient, domestiques, ouvriers, employés, gens de service, tous trouvaient en elle une affection de mère. Un cocher nommé Louis, étant près d'expirer, disait dans son délire : « Est-ce possible que je m'en aille? Ma mère Barat le sait-elle? Ne m'a-t-elle pas promis que je ne sortirais jamais du Sacré-Cœur^? » Un aide jardinier s'était endormi au soleil tête découverte pendant les grandes chaleurs. M™" Barat, l'apercevant, s'empresse de lui couvrir le visage de son mouchoir en se retirant sans bruit. « Oh! ma mère! ma mère! » répétait le brave homme en se réveillant, et reconnaissant celle qui l'avait protégé*: A Amiens, une lessiveuse nommée Madelonnette, souffrante et déjà âgée, lui ayant avoué qu'elle, son mari infirme et sa fille ma-

1 Tém. de la sœur Euphrosyne Gerbet, n. 149.

•i Tém. de M""» Élisa. Doc. n. 140.

3 Souvenirs, par M'"" Perdrau, p. 100.

< Notes de M'"" de Fonsbelles, de Marliny, Zœpft'el.

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